Justice

Prison pour une main aux fesses

Publié le 09/08/2012 à 00h00

Lundi, espace François-Mitterrand, Gooroodev Hanzeraz s'est laissé aller à mettre la main aux fesses d'une jeune femme. Il a ensuite frappé une policière. Le tribunal l'a condamné à 3 mois de prison ferme.

Prison pour une main aux fesses
Lundi, espace François-Mitterrand, Gooroodev Hanzeraz s'est laissé aller à mettre la main aux fesses d'une jeune femme. Il a ensuite frappé une policière. Le tribunal l'a condamné à 3 mois de prison ferme.

D ès son entrée dans le box des prévenus, Gooroodev Hanzeraz lève la main droite et jure à qui veut l'entendre qu'il n'a rien fait. À côté de lui, une interprète lui traduit les dires du président, mais il l'arrête. Le président s'étonne. « Je comprends le Français, mais je le parle pas bien ». Sa langue habituelle est en fait le créole. Le président hausse les épaules : « Ah ! Mais nous n'avons pas d'interprète en créole ». S'en suit un dialogue de sourds.

Le président entreprend d'interroger le prévenu sur les faits. On le soupçonne d'avoir, lundi après-midi, accosté deux soeurs qui se promenaient espace François-Mitterrand, entre les gares Lille Europe et Lille Flandres. Le président Zanatta rappelle l'enchaînement des faits : « Vous avez essayé de leur parler, mais elles ne comprenaient pas ce que vous disiez, alors elles vous ont éconduit. Vous êtes revenu peu de temps après, et là vous avez mis une main aux fesses de l'une d'elles ». Une infraction qualifiée d'agression sexuelle par le code pénal.

Les jeunes femmes profitent de la présence de nombreux agents de police et le désignent. « Vous avez été interpellé et emmené au commissariat, et là, ça tourne mal ». Gooroodev Hanzeraz aurait en effet sauté au-dessus du bureau de la policière qui prenait sa déposition, arraché les papiers de la procédure et lui aurait assené un coup de poing au visage.

Dans le box, le prévenu, la main droite toujours levée comme pour appuyer ses déclarations, tente péniblement d'expliquer que « non, c'est menti ». Il essaie d'argumenter : « J'ai pas fait de bêtises avec les policiers. Je demande ma chance à la Cour ».
Le président en vient à évoquer la personnalité du prévenu. Né à l'Île Maurice, il vit en France depuis sept ans, est arrivé à Lille en 2010. En situation « si ce n'est irrégulière, au moins problématique sur le territoire français », il travaille sur les marchés, n'a pas de domicile fixe et consomme un peu trop d'alcool. L'expertise psychiatrique révèle que son comportement résulterait d'une dépression nerveuse. Gooroodev Hanzeraz acquiesce : « C'est dur quand j'ai pas de travail. Je suis dans la galère. Je veux rentrer chez moi, à l'Île Maurice ». La procureur Virginie Girard estime que « c'est le mieux qu'on puisse lui souhaiter ». Elle requiert six mois de prison ferme. Le prévenu, qui n'a pas souhaité être défendu par un avocat, prie le tribunal de ramener la peine à trois mois. Il voit sa prière exhaussée.

Nord Éclair