Justice

Panique au CHR !

Publié le 04/04/2012 à 00h00

Des jeunes gens qui cherchent à protéger la fuite d'un petit frère hospitalisé et arrêté. Coups et gaz lacrymogène dimanche aux urgences.

Panique au CHR !
Des jeunes gens qui cherchent à protéger la fuite d'un petit frère hospitalisé et arrêté. Coups et gaz lacrymogène dimanche aux urgences.

Tout commence par un accident de scooter. L'adolescent, atteint d'un traumatisme crânien a priori sans gravité, se retrouve aux urgences du CHR. Sa famille, avertie, vient le voir alors qu'il se trouve dans un box. Mais la police veut mettre la main sur le conducteur du scooter car il s'est échappé d'un centre fermé pour mineurs. « J'étais venu apporter des bonbons et des gâteaux à mon petit frère » raconte Nordine B., 23 ans, agent de médiation et jamais condamné.
Les proches s'interposent

Toutefois, voyant les policiers, le petit frère cherche à s'enfuir. Les proches s'interposent pour empêcher l'intervention des agents de la paix.
L'affaire part en vrille : coups, jets de gaz lacrymogènes, imprécations diverses. Un agent hospitalier est blessé. Des policiers sont frappés. Cependant, quatre personnes ayant participé à la rixe contre les policiers s'échappent. Le mineur s'évapore lui aussi. « Ils matraquaient mon petit frère qui était blessé, je l'ai vu mort » affirme le prévenu qui nie tout avant de reconnaître avoir « poussé » un agent.
Inutile de dire que Me Frédéric Mastalerz (lire le point de vue) ne décrit pas, pour les policiers, les choses de la même façon. Quant à l'agent hospitalier, il a été atteint par des jets de lacrymogène, causés par la rixe à laquelle participait le prévenu, mais n'a pas été atteint par des coups portés par Nordine B. Pour la procureure Carole Pautrel, ces « agissements sont particulièrement intolérables car il s'agit de s'opposer à une intervention tout à fait justifiée des policiers et les protagonistes n'hésitent à s'opposer aux policiers même dans un hôpital ».
Hier soir, Nordine B. relativise : « Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé, j'étais aveuglé par la bombe lacrymogène qui m'a brûlé le visage ». Un an de prison avec sursis a été requis. Me Marc Flamenbaum, en défense, minimise lui aussi mais le président Hoc Pheng Chhay envoie le prévenu en détention : six mois de prison dont cinq avec sursis. Nous ne donnons pas l'identité complète du prévenu car ce serait rompre indirectement l'anonymat du petit frère mineur.w

Nord Éclair