Justice

Son ex dans un film porno !

Publié le 21/02/2012 à 00h00

Décidément, les méandres d'Internet alimentent de plus en plus les comparutions immédiates. Cette fois, c'est un site pornographique « amateur » qui se retrouve sur la sellette. Récit.

Son ex dans un film porno !
Décidément, les méandres d'Internet alimentent de plus en plus les comparutions immédiates. Cette fois, c'est un site pornographique « amateur » qui se retrouve sur la sellette. Récit.

« Quittez tout de suite votre domicile, allez chez une amie, emportez votre enfant avec vous ! » C'est la recommandation des policiers qui s'adressaient à Nathalie (le prénom a été changé, ndlr), une jeune femme blonde assise hier sur le banc des victimes à côté de son avocate, Me Claire O'Brien.


Dans le box des prévenus, Maxime C., 33 ans, l'ex-concubin furieux et surexcité, ne tient pas en place et interrompt sans arrêt la présidente Nourith Reliquet. Voici dix jours, l'homme, séparé depuis longtemps de Nathalie, découvre - par l'intermédiaire (dit-il) de son petit frère - un film X amateur dont son ex-concubine est l'héroïne. « C'est un site public. C'est une mère de famille, elle est prise par plusieurs hommes, c'est ignoble » , clame-t-il. Suit une série de détails gratinés qui choquent même les oreilles de la présidente Reliquet pourtant habituée à en entendre des vertes et des pas mûres en comparution immédiate.

« Je fais ça gratuitement
parce que ça me plaît »

Depuis dix jours, par le biais de SMS et de coups de téléphone inquiétants, le prévenu se répand en menaces de mort très précises. Quand Maxime C.
explique que le film est public, il exagère un peu. « D'abord, c'est lui qui, par l'intermédiaire de liens Facebook, l'a diffusé auprès de la famille et des proches de la victime », souligne Me O'Brien. « Sinon, il serait resté inconnu de mes parents ! Dans ce film, je suis actrice sous un pseudonyme. D'ailleurs, seules quelques minutes sont gratuites, il faut payer pour voir tout le film », signale Nathalie.


Et d'ajouter : « Je fais ça gratuitement parce que ça me plaît et le film n'est disponible que dix ans. » Nouvelles plaintes du prévenu : « Tôt ou tard, quelqu'un de mal intentionné fera voir ça à mon fils ! C'est abominable ! » La présidente Nourith Reliquet a bien de la peine à faire taire de temps en temps le prévenu. « C'est vous qui avez parlé de ça à votre fils ! » insiste la magistrate. Le prévenu n'en démord pas : « C'est vrai, j'ai dit à mon fils que sa mère était sale. » Nathalie : « Mon fils âgé de 4 ans m'a expliqué que son père allait me noyer dans une baignoire et qu'il allait couper le zizi de mon copain. » Comme les menaces multiples sont inscrites sur les SMS et ont été répétées durant la garde à vue de Maxime C., le délit est incontournable. « S'il se plaint du comportement de la victime, il peut saisir le juge aux affaires familiales », note la procureure Mathilde Defretin. Il restait à M e Claude Mortelecque, après une heure d'évocations pornographiques et menaçantes, à assurer avec brio que son client allait enfin se calmer.
Jugement : un an avec sursis et mise à l'épreuve.

Nord Éclair