Justice

Injures sur élus !

Publié le 12/01/2012 à 00h00

Le 3 janvier à Hem, deux élus sont verbalement menacés de mort en public. « Ce n'était pas une menace, c'était de l'ironie » affirme Mohamed Kaddouch, un habitant de Roubaix âgé de 40 ans.

Injures sur élus !
Le 3 janvier à Hem, deux élus sont verbalement menacés de mort en public. « Ce n'était pas une menace, c'était de l'ironie » affirme Mohamed Kaddouch, un habitant de Roubaix âgé de 40 ans.

Le 3 janvier à Hem, deux élus sont verbalement menacés de mort en public. « Ce n'était pas une menace, c'était de l'ironie » affirme Mohamed Kaddouch, un habitant de Roubaix âgé de 40 ans.
L'homme dans le box se présente comme responsable associatif, « militant de gauche » et opposant à la mairie. L'histoire dont est saisi le tribunal se déroule le 3 janvier lors des voeux en mairie entre 19 h et 23 h. Le prévenu manifeste avec des amis, le ton monte. Deux adjoints sont pris à partie vers 22 h 45. On souhaite à Françoise Plouvier, présente à l'audience hier, qu'elle « crève à la fin de l'année ». Une menace de mort est émise à l'encontre d'un autre adjoint. Ironie ? En tout cas, le prévenu ne nie pas la teneur globale des propos. « Comment vous, un militant associatif, alors que vous luttez pour l'insertion des jeunes, pouvez-vous tenir de tels propos irrespectueux de la fonction d'élus ? » interroge le président Thierry Fourdrigniez. Le prévenu se lance dans une dénonciation en règle de la mairie : « Je suis originaire d'Hem, je ne peux même pas habiter dans cette ville à cause des pressions sur les bailleurs sociaux, je n'ai aucune subvention de la mairie. Je suis à gauche, ils sont à droite ».


La victime rétorque que toutes les associations sérieuses sont subventionnées et ajoute : « C'est un comportement constant de provocations et d'intimidations de la part du prévenu, ça n'a rien de politique. On finit par le craindre tant les menaces sont constantes lors des manifestations publiques ». Le prévenu : « Moi, je crains que la politique décide à la place de la justice ». L'adjointe réclame 5 000 euros de dommages et intérêts pour la mairie.

Ni interdiction, ni obligation


La procureure Mathilde Defretin s'insurge : « Les insultes et les menaces contre les élus ne peuvent être tolérées dans un pays démocratique. Le prévenu est incapable d'observer la courtoisie qu'il attend de tout le monde, il n'existe aucune persécution contre lui ». La procureure requiert huit mois avec sursis et mise à l'épreuve consistant en l'interdiction de fréquenter Hem et l'obligation de se soigner.
En défense, Me Patrick Lambert : « L'orientation pénale de la comparution immédiate a été prise pour des motifs purement politiques.


Je vois dans le dossier, de la main du procureur de la République, des instructions contre mon client quelques heures après le signalement des faits ! Les présumées victimes dans cette affaire sont des privilégiées car moi, dans des histoires de viol, je peux attendre 12 mois, voire 18 mois pour les premières convocations ! » Jugement : cinq mois de sursis simple, 500 euros de dommages, aucune interdiction ou obligation d'aucune sorte.w

Nord Éclair