Pas de Braderie pour les stups
Publié le mardi 07 septembre 2010 à 06h00
Me Olivier Cardon n'y va pas de main morte : « Vendredi, sous prétexte que c'était la Braderie à Lille, on n'a pas jugé mon client en comparution immédiate tout de suite, ce n'est pas légal ». Récit.
DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr
Une chose est sûre : Philémon Cheng, 18 ans, surnommé « le Chinois », revend de l'héroïne dans le secteur de l'Épeule. Tel un livreur de pizzas, il assure le ravitaillement de ses clients en chevauchant son scooter. La fin de sa garde à vue de quatre jours (durée possible dans une affaire de stupéfiants) nous amène très exactement à vendredi à 14 h 05 alors que son interpellation remonte au mardi 31 août. Or, quand les policiers amènent le jeune homme à Lille, c'est l'encombrement dans les services du procureur.
Cheng n'est pas jugé « sur le champ », comme le dit la loi, mais mijote dans une geôle jusqu'à hier après-midi. Certes, la loi prévoit des circonstances exceptionnelles. Me Cardon se scandalise : « C'est anormal, mon client pouvait être jugé vendredi après-midi ! Déjà, sa garde à vue est très longue puisqu'elle s'étale sur 96 heures. Mais, en plus, on ajoute le week-end alors que la Braderie n'a rien d'exceptionnel.
D'ailleurs, samedi et dimanche, en matière de droit des étrangers, le tribunal fonctionnait normalement, à part le bruit de la musique aux alentours! » Le procureur Michel Isbled soupire : « C'est vrai, vendredi nous étions dépassés parce que des enquêtes avaient été conclues en urgence et il y avait 7 défèrements en même temps ! Les effectifs policiers étaient mobilisés au maximum pour la grande Braderie de Lille et il y a eu des pressions compréhensibles pour que le maximum d'affaires soient terminées avant le week-end. Ce sont des circonstances exceptionnelles ».
La présidente Nourith Reliquet va donner raison au procureur mais elle ajoute : « Nous veillerons tout de même à l'avenir à ce que ce genre de situations ne se renouvelle pas ». En effet, vendredi vers 18 h, quand le dossier de Cheng était enfin prêt, les magistrats des comparutions immédiates avaient levé le siège.
Pour le reste, Philémon Cheng, malgré son jeune âge, observe un mutisme quasi professionnel : où achète-t-il l'héroïne revendue, depuis combien de temps, à qui ? Mystère et boule de gomme.
Les policiers l'ont vu passer sous leur nez à scooter, brûler un feu rouge et revendre aux occupants d'une voiture de l'héroïne. Interpellation. Un « caillou » de 3,4 gr venait d'être cédé en flagrant délit. Perquisition chez lui : 7 téléphones saisis au total, des numéros de clients bientôt interrogés et accusateurs. « Mardi, j'avais trouvé un stage et j'allais travailler justement quand on m'a interpellé », sourit le prévenu. Jugement pas bradé : un an de prison.w



![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



bdxethike : bons débuts
Abde : Perdu d'avance. Mélenchon sera le candidat gagnant...
sofia : a sa nouvelle compagne???? j aimerais voir a quoi ressemble...
VIGILANT : Ne laissons pas une fois de plus Thierry LAZARO se faire...