Un couteau dans la cellule
Publié le vendredi 03 septembre 2010 à 06h00
Avec Chérif Humery, 33 ans, détenu depuis 15 ans, on découvre la prison avec ses règlements de comptes internes, ses bagarres, ses tentatives d'incendie. Le 31 août, Chérif met le feu à un matelas.
DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr
Le fait brut, c'est ça : Chérif Humery, suicidaire et mis en cause récemment pour la possession d'un couteau, tente de mettre le feu à sa cellule. Le matelas brûle, les secours arrivent à temps... On imagine les dégâts humains que pourrait susciter un incendie dans une prison, celle de Loos par exemple. Le prévenu, comparaissant hier devant le président Bernard Lemaire, l'admet : « Bien sûr, c'est vrai, c'est très dangereux !
Mais j'étais suicidaire, j'en avais marre de tout, je devais sortir de prison dans trois semaines seulement et tout s'écroulait ! »
Vingt-neuf établissements pénitentiaires
L'homme est incarcéré pour divers délits depuis une quinzaine d'années. Il purge sa peine à Loos après être passé par 29 établissements pénitentiaires ! Le prévenu : « On m'a changé souvent parce que j'avais des problèmes mais, justement, là, je n'en avais plus depuis plusieurs années. J'avais un pécule, un hébergement, un travail, je pouvais sortir dans trois semaines ! » Le président Bernard Lemaire : « Effectivement ! Alors pourquoi, quand on est si près de la libération conditionnelle, avoir un couteau dans sa cellule, pourquoi cette bousculade et ces menaces avec des gardiens, c'est incohérent, non ? » Et Chérif Humery de s'exclamer : « C'est vrai, on a trouvé un couteau m'appartenant dans ma cellule ! Mais je ne m'en suis jamais servi ! C'était pour me protéger ! J'ai été blessé et hospitalisé récemment parce qu'il y avait eu des règlements de comptes à Loos ! Des clans se sont battus, les journaux en ont parlé, des gens ont été blessés même quand ils n'avaient rien à voir avec toutes ces histoires. J'étais une victime. Ma sécurité, à Loos, n'était plus assurée. D'ailleurs, il y a plein de gens à Loos qui ont un couteau au cas où il leur faudrait se défendre ! » Après la fouille, le prévenu risquait de tout perdre, d'où, selon lui, son désespoir. Il ajoute : « Monsieur le président, vous ne pouvez pas comprendre, il faut avoir vécu ça »...
Le prévenu demande le report du procès. Me Éliane Dilly souhaite une expertise psychiatrique : « Il faut qu'on sache quels sont les dégâts psychiatriques et psychologiques sur une personne qui est enfermée depuis aussi longtemps ! L'expertise nous aidera à comprendre pourquoi un homme réagit comme ça à quelques encablures de sa remise en liberté ! » L'expertise est refusée et le prévenu sera jugé le 31 septembre pour ces menaces et bousculades avec des gardiens, ce couteau et cette tentative d'incendie.w



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bdxethike : bons débuts
Abde : Perdu d'avance. Mélenchon sera le candidat gagnant...
sofia : a sa nouvelle compagne???? j aimerais voir a quoi ressemble...
VIGILANT : Ne laissons pas une fois de plus Thierry LAZARO se faire...