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WASQUEHAL

16 mois pour le triste sire

16 mois pour le triste sire 16 mois pour le triste sire

Patrice Beaussart, 42 ans, vient d'être arrêté lors d'un banal contrôle routier. L'homme, accusé d'une agression sexuelle contre une petite fille, avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire.



DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr
Il était hébergé par l'Armée du salut à Lille. Mais un beau jour, bien avant d'être jugé, il disparaît et on n'entend plus parler de lui malgré les recherches. En fait, pour lui, la vie avait repris son cours, avec une nouvelle compagne, dans le département de la Creuse. Jusqu'au contrôle routier fatidique. Lors de la dernière audience, lorsqu'il avait fait opposition de son jugement pris en son absence, la maman et l'ex-petite fille étaient là dans la salle. Mais, hier, devant la présidente Cécile Dangles, les victimes n'étaient plus là : seule Me Elsa Rener représentait la maman et son enfant. Il est vrai que les douloureux faits remontent au 7 octobre 2008.
Que s'est-il passé ? Beaussart, un proche, surgit dans la chambre pendant que l'enfant âgée de 11 ans dort. Il la pénètre avec le doigt, elle a mal, elle crie, elle se réveille. L'homme s'enfuit alors à pas de loup et s'endort, dit-il, dix minutes plus tard. On passe sur les détails car la scène a beaucoup excité le triste sire.


« Pendant ce temps, la fillette, terrorisée, pleure toute seule dans sa chambre; elle n'osera parler que le lendemain matin », s'indigne Me Rener. La maman, une dame qui rencontre elle-même beaucoup de difficultés, déposera plainte aussitôt.
Cuisiné par la police, Beaussart avoue. D'autant qu'il existe des traces physiques de l'agression. Le viol, comme souvent, a été correctionnalisé.
Mais, hier, devant les magistrats, Patrice Beaussart est incapable de s'empêcher maladroitement de minimiser. Il va jusqu'à dire lamentablement : « Elle s'est réveillée, elle a été surprise, elle a reculé, c'est comme ça qu'elle a touché mon doigt ». Affreux. « C'est de sa faute en quelque sorte, c'est ça que vous êtes en train de nous dire ? », cingle la présidente. « Non, non, je regrette beaucoup » , corrige maladroitement le prévenu.
Le procureur Didier Cocquio ne mâche pas ses mots : « C'est un lâche, un être immature. Il profite de sa proximité avec la victime et ensuite il fuit. Il passait ses journées à regarder la télé et à jouer sur sa console ». Le procureur requiert 18 mois de prison dont 12 avec sursis et mise à l'épreuve.
Me Nicolas Brazy assume une tâche difficile en défense car son client a fait très mauvaise impression en ne reconnaissant plus que du bout des lèvres. « Il n'a pas nos moyens intellectuels, il est intimidé parce qu'il s'explique devant des femmes. Je me fais son porte-parole car il reconnaît à 100 % ». 16 mois de prison tombent.w


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