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ARMENTIÈRES

Divorce en direct

Divorce en direct Divorce en direct

Les « violences conjugales » passant directement en comparution immédiate, les magistrats sont appelés à gérer à chaud les séparations agitées. Récit.



DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr
D'/abord, le premier acte se joue le 26 mars quand, le lendemain de son arrestation, Giancarlo X., 34 ans, se retrouve devant les juges et clame en désignant sa concubine : « Mettez-moi en prison sinon je la tue ! » La veille, à Armentières, le concubin jaloux avait défoncé la porte du domicile de sa concubine et avait lancé des insultes et des menaces de mort. Des menaces d'autant plus prises au sérieux que, chez ce cadre commercial jamais condamné, il y avait pléthore d'escopettes. « Elle me trompe un jour et elle dit qu'elle m'aime le lendemain, elle fréquente des clubs échangistes, ça va aller très mal ! » répétait le prévenu. Tant et si bien que Giancarlo X. se retrouvait en détention préventive.
Hier, pour le procès sur le fond, Giancarlo X., défendu par Me Julie Ducrocq, comparaissait à nouveau. Le président Adam refaisait la genèse de cette histoire d'une simplicité biblique : « Même devant les policiers et les pompiers, même dans le fourgon de police, vous répétiez que vous alliez la tuer ». Le prévenu se force à la sérénité : « Je regrette, j'ai déconné ». Et d'ajouter : « Je ne savais plus si on était ensemble ou non ; je n'aurais pas fait de mal à une mouche ». À une mouche, non. Mais à son ex-concubine ?


Me Alexia Navarro, pour la jeune femme assise sur le banc des parties civiles, explique que « le prévenu n'a jamais admis que sa compagne reprenne sa liberté. Elle n'osait pas lui dire qu'elle avait eu des amants. Devant les réactions violentes de son ex, elle n'osait pas le quitter.
D'où ces allers et retours ».

Menaces répétées
Le procureur Michel Isbled, même si les menaces se sont produites à plusieurs reprises et si l'ex-concubine avait déjà déposé une plainte rapidement retirée, insiste sur le casier judiciaire toujours vierge. Michel Isbled, après avoir tancé le prévenu, finit par des réquisitions finalement très nuancées : six mois de prison avec sursis.
En défense, Me Julie Ducrocq monte sur ses grands chevaux : « Bien sûr, mon client n'aurait pas dû démolir une porte et menacer.
Mais peut-on lui reprocher vraiment d'être loyal ? C'est lui qui, pendant des semaines, a subi de véritables violences psychologiques et c'est lui qui s'est retrouvé finalement en détention provisoire. Un vrai choc carcéral pour quelqu'un comme lui ».
Au final, la séparation en direct se conclut par quatre mois de prison entièrement assortis de sursis. Visiblement, du côté de la victime et de sa famille, on éprouve encore quelques inquiétudes. w


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