Vous êtes ici : Accueil > Actualités de la région > Justice

LILLE

Donjon rue de la Barre

Donjon rue de la Barre Donjon rue de la Barre

Le prévenu, massif sur son banc, impressionne par sa carrure. Pourtant, c'est un homme soumis puisqu'il subit avec plaisir la loi de maîtresses femmes. La justice s'interroge quand même.



DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr
« Le masochisme, ça reste important pour moi » explique d'entrée le présumé proxénète. Les magistrats n'en font cependant pas une affaire privée quand la police puis la juge d'instruction notent, sur Internet, que sept femmes dominatrices proposent leurs services aux amateurs de sensations fortes. Menottés et accueillis à coups de fouet par Maîtresses Lilith, Jade, Gwendoline, Sonia (etc.), les hommes consentants payent bien entendu les prestations de ces dames attachantes. « Je ne savais pas que, légalement, il s'agissait de prostitution », élude le prévenu qui fournissait le local. Évidemment, s'il ne s'agit pas de prostitution, le prévenu n'est pas un proxénète. Mais la procureure Cécile Nounou cite loi et jurisprudences : en un mot comme en cent, même s'il n'y a pas rapport sexuel complet, c'est un acte sexuel. Donc, si c'est tarifé, c'est de la prostitution et Éric Piotr, 44 ans, est un proxénète.
« Pour moi, un proxénète, c'est quelqu'un qui force des femmes, qui les frappe », reprend le prévenu. La présidente Nourith Reliquet : « On vous croit volontiers mais vous profitiez de la prostitution des autres puisque vous encaissiez, au moins dans certains cas, la moitié des bénéfices. » Évidemment, à voir la quincaillerie et les costumes de cuir inventoriés lors de la perquisition, on comprend que le donjon SM de la rue de la Barre et son aménagement en salle de torture aient un coût sérieux. Bien entendu nos lecteurs auront compris que par donjon, il faut entendre un appartement spécialement aménagé. Et que SM ne désigne pas le Syndicat de la magistrature mais, plus prosaïquement, le sadomasochisme.



Parti en Belgique en 2007
Le prévenu, qui avait consulté un avocat et qui s'inquiétait un peu pour son avenir, avait transporté en 2007 ses pénates à Tournai, en Belgique, pays réputé plus accueillant pour les sports extrêmes. « On m'avait dit qu'il suffisait de s'inscrire comme salon de massage », explique le prévenu. Mais la police belge s'est montrée peu compréhensive. « Vous aviez loué une maison cossue et on apprend qu'une des maîtresses venait chez vous et repartait voilée car elle est mariée à un musulman », note la présidente.
« J'ai rompu avec tout ça, je ne fréquente plus les donjons que pour mon plaisir personnel », déclare le prévenu qui exerce désormais la profession d'homme au foyer. En tout cas, hier, le prévenu était servi puisqu'il était accusé, jugé et défendu uniquement par des femmes. Décision : 18 mois de prison dont 12 de sursis sans mandat de dépôt.w


Réagir à l'article

Tous les champs sont obligatoires.

Pas encore inscrit ?

Infos locales

Dessin du jour

Hollande enfariné "Hollande enfariné"

Cinéma

JC comme Jonathan Zaccai JC comme Jonathan Zaccai

L'acteur jusque-là abonné aux seconds rôles débarque sur les écrans avec « JC comme Jésus Christ ». Un film OVNI, docu-fiction autour d'un réalisateur de 18 ans, qui a tout gagné, mais tente de passer son bac. Une histoire entre absurde et satire de la grande famille du cinéma.

les lecteurs
  • Note actuelle 2.33/4

Les autres sorties

Un thriller d'espionnage à l'ancienne

Toujours à l'affiche

Restos

 Les meilleures recettes de nos chefs Les meilleures recettes de nos chefs

Les jeunes chefs de l'Athénée (B.) nous ont livré quelques-uns de leurs secrets : voici pour vous les recettes des meilleurs plats de fête qui ont bousculé nos papilles. A vos fourneaux!

Les autres restos...