La nourrice avait du stock
Publié le samedi 05 décembre 2009 à 06h00
C'est une « nourrice », une figure type des comparutions immédiates : autrement dit, le consommateur de drogues obligé de « tenir » un stock de stupéfiants pour les caïds.
Tout commence par les plaintes récurrentes des commerçants de la rue Jules Guesde à Lille qui en ont marre des dealers toujours en action dans cette petite artère du quartier lillois de Wazemmes. La police ratisse. Elle tombe sur Jérémy Bouriez, 21 ans, le brave type jamais condamné qui a eu un jour le malheur de mettre son nez dans la poudre. L'homme travaille habituellement mais, au chômage depuis quelque temps et en fin de droits aux Assedic, il arrondit ses revenus en revendant de la résine de cannabis. Pas grand-chose, quelques dizaines de grammes de résine de cannabis tout de même sur lui. C'est tout juste si on ne va pas le remettre en liberté. Le procureur de permanence demande à tout hasard une perquisition.
Dans la chambrette de l'interpellé, bingo, la police découvre 1,6 kg de résine de cannabis, 1,5 kg d'herbe, à peu près 100 gr d'héroïne et de cocaïne, 600 euros en petites coupures, un ordinateur volé et revendu en catimini, etc. « Pas mal pour un simple consommateur », ironise la présidente Hélène Judes. « C'est Mounir qui m'a demandé ça, je n'ai pas pu refuser, j'ai peur des représailles » murmure le prévenu.
« C'est une nourrice, il est simplement chargé de tenir le stock des vrais dealers, c'est aussi une victime » plaide Me Gaëlle Métairie. Jugement : 18 mois de prison dont 14 de sursis avec mise à l'épreuve.w
D.S.





