Me Abderrahmane Hammouch défend des parents tourquennois
Publié le jeudi 02 juillet 2009 à 06h00
Ce sont des parents qui ont cru devoir faire procéder à la circoncision de leur enfant âgé de sept jours. Ils se sont adressés à un homme, connu dans la communauté musulmane, qui était pour eux un médecin mais qui, en fait, n'est pas inscrit à l'ordre des médecins en France.
L'opération, effectuée chez eux, a mal tourné puisque au bout de quelques jours la plaie n'était toujours pas cicatrisée. Le « médecin », téléphoniquement, expliquait qu'il fallait donner du doliprane. Finalement, comme le bébé était de plus en plus mal, le père l'a conduit directement au CHR de Lille. Il se vidait de son sang, il a été sauvé de justesse comme le précisent les experts. Or, à l'audience, j'ai eu la surprise de constater qu'oralement, le procureur demandait la relaxe sur les deux incriminations : l'exercice illégal de la médecine et les blessures involontaires. Je viens d'apprendre le jugement : Mazen M., le prévenu, est effectivement innocenté. C'est terrible : un bébé a failli mourir, il ne peut pas se plaindre et la justice explique qu'il ne s'est rien passé ! Sous prétexte qu'il s'agit d'un rituel ? Alors que les parents se sont placés eux-mêmes sous la protection des lois de la République car ils croyaient s'adresser à un médecin ! Le premier devoir d'un Etat, c'est de protéger les enfants. C'est un principe de base. On envoie un message très dangereux : on peut circoncire des enfants de quelques jours sur une table de cuisine ! C'est impossible ! Je vais interjeter appel.
NDLR L'appel a été déposé hier.





