L'émotion et la joie se lisaient sur tous les visages, ce matin à Lille Grand Palais, où les musulmans ont commencé à affluer dès 8h. Autour d'un café-croissant, puis sur les tapis de prière de la salle principale du palais des congrès, tandis que résonnaient les mélopées des imams, les fidèles semblaient heureux de célébrer la fête de l'Aïd-el-Fitr, qui d'après Majid, 32 ans, est "la fête la plus importante de l'islam, qui termine le mois sacré du ramadan".
Les hommes devant, les femmes derrière, tous ont écouté à partir de 9h30 les discours prononcés par des responsables religieux et civils. Le recteur de la toute nouvelle mosquée de Villeneuve d'Ascq, Mohamed Karrat, a évoqué un "moment magique" au cours duquel l'assistance doit avoir "une pensée pour les faibles, les laissés pour compte, les opprimés et tous ceux qui subissent des injustices dans le monde", ainsi que pour "les Palestiniens qui vivent sous le joug de l'occupation israélienne". Se disant "fier de la France qu'on aime, pour son attitude en Libye et en Syrie", Mohamed Karrat a également demandé aux fidèles de "voter utile et responsable" aux élections de 2012, appelant les partis politiques à présenter "de vrais projets de société, qui tiennent compte des attentes de tous les Français, et sans stigmatisation".
Le maire de Mons-en-Baroeul, Rudy Elegeest, qui a rappelé qu'il n'avait "jamais manqué une seule fête de l'Aïd", a évoqué "les valeurs positives de l'islam" comme réponse au "monde du chacun pour soi", et en a profité pour dénoncer les discours "malsains" de la droite sur l'islam. Le premier adjoint lillois, Pierre de Saintignon, ainsi que le président réginal du parti radical de gauche, Jacques Mutez, sont eux-aussi intervenus à la tribune pour se déclarer "fiers" de "l'honneur" qui leur était fait de participer à cette fête.
La vaste salle de Lille Grand Palais s'est ensuite transformée en salle de prière, emmenée par le recteur de la mosquée de Lille-sud, Amar Lasfar, qui s'est ensuite livré au traditionnel prêche de l'Aïd.