Aubry lance une « offensive numérique » et prévoit l'abandon d'Hadopi
Publié le mercredi 22 juin 2011 à 11h52 - Matthieu Millecamps
Martine Aubry plaide en faveur d'un accès libre et gratuit à Internet dans les lieux publics. Photo : AFP.
Dans une tribune publiée sur Rue89, Martine Aubry expose sa vision de la société numérique et du rôle que doivent prendre les pouvoirs publics. Elle promet « l'abandon d'Hadopi » et plaide pour le « droit à la connexion » et « la neutralité du réseau ».
La première secrétaire du PS, pas officiellement candidate à la primaire du PS pour les élections présidentielles, a livrer dans une tribune publiée sur Rue89 ce mercredi ce qui ressemble fort à une feuille de route programmatique sur la société numérique.
Insistant sur le fait que les nouveaux outils numériques ne sont « pas seulement des technologies à maîtriser, mais de nouvelles manières de créer, de se former, de communiquer ou de se soigner », Martine Aubry insiste également sur la place exponentielle prise par cette nouvelle économie dans la balance globale. Citant notamment Ankama, société nordiste qui « affiche à son actif l'une des plus belles réussites du jeu vidéo en ligne », la patronne du PS souligne que la filière représente « un quart des nouveaux emplois ».
Mais au-delà de l'impact économique, c'est surtout sur la question de la « démocratie numérique » que Martine Aubry s'exprime le plus dans cette tribune dans laquelle elle affirme vouloir « partager une vision du futur de notre société ».
Neutralité du net et droit à la connexion
Taclant au passage l'e-G8 organisé récemment et très critiqué par une partie de la communauté des acteurs du Web, Martine Aubry juge qu'il a été « monté comme une production hollywoodienne (qui) n'a pas eu de résultat concret », elle juge que l'Etat s'est contenté d'alterner « décisions répressives et laisser-faire ».
Elle plaide en faveur d'un « droit à la connexion, comme l'une des conditions d'exercice de la démocratie ». Un droit à la connexion qu'elle rapproche de la notion de « neutralité de l'Internet ». L'une des conséquences de cette « neutralité des réseaux » repose dans la transposition des principes de la liberté d'expression sur le net, aussi bien quant à la garantie de liberté dans les propos exprimés, et données transmises, que dans l'accès au vecteur d'expression que sont les réseaux.
Concrètement, pour lutter contre ce qui « s'apparente à une véritable confiscation de bien commun, pour des intérêts particuliers très puissants », Martine Aubry propose de « relancer une autre stratégie d'investissement, autour d'un opérateur qui coordonnerait tous les efforts publics, et qui favoriserait le co-investissement avec les opérateurs privés ». Un opérateur qui aurait la mission, notamment, d'assurer un accès gratuit à l'Internet dans les lieux publics.
« Hadopi, coûteuse, inefficace et à contre-temps »
Sur la difficile question de la rémunération des droits d'auteurs et de la protection de la propriété intellectuelle, notamment en ce qui concerne la musique, Martine Aubry dénonce « la guerre faite aux internautes », Martine Aubry propose « l'abandon d'Hadopi, coûteuse, inefficace et à contre-temps ». Elle propose de renforcer les droits d'auteurs, d'instaurer une « contribution, forfaitaire et d'un montant modeste, des internautes » et un « prélèvement sur les opérateurs et les fournisseurs d'accès » dont les fruits seraient redistribués pour « soutenir la culture en France ».


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