C'est une idée simple qui est venue aux créateurs de SpreadBand.com : proposer un outil qui permette aux groupes amateurs en galère de dates de rentrer en contact avec des programmateurs de petites salles qui, eux, seraient en mal de noms pour leurs affiches. Le site fonctionne peu ou prou comme un réseau social spécialisé dans les musiques actuelles.
Chaque groupe rempli une « fiche personnelle » dans laquelle sont exposés le style, le nombre de musiciens, les disponibilités et les envies de concerts.
Pour les patrons de lieux de diffusion, même chose : chaque lieu a sa fiche, qui peut être commentée par les musiciens passés par cette scène. « La différence entre notre système et ceux d'autres sites, c'est que nous ne nous contentons pas de fournir un annuaire : derrière chaque fiche, il y a une personne, qui répond aux demandes », expose Guillaume Libersat, cheville ouvrière du projet aux côtés de Laurent Delplanque. « L'objectif, c'est de permettre aux groupes amateurs de donner de la voix, parce qu'il y a une vraie richesse artistique à mettre en avant », insiste encore le jeune homme.
Les deux Nordistes n'ont pas choisi de lancer la version « bêta » de leur site à Lille par hasard ou chauvinisme. « La scène locale est très riche, et les cafés-concerts nombreux ici », témoigne Guillaume Libersat, qui espère rapidement passer à la vitesse supérieure et connecter les groupes et patrons de cafés de toute la France.
Lorsque le site sera sur les rails, ses créateurs espèrent aussi développer de nouveaux services à destination des utilisateurs. Ils imaginent ainsi pouvoir lancer des outils personnalisés de gestion intelligente de calendriers de tournées, de suivis de contrats de prestations ou encore des cartographies évolutives et interactives des lieux de diffusion. Pour l'instant, la première étape est de parvenir à une appropriation de l'outil par ceux pour qui il a été pensé.
Se pose aussi la question de la viabilité économique du projet. Pour le moment, SpreadBand.com n'est supporté par aucune structure. Ni association, ni entreprise, le site est « volontairement ouvert », souligne Guillaume Libersat, qui inscrit sa démarche dans le sillon d'une « économie non essentiellement marchande ». Il compte ainsi beaucoup sur « l'économie de la contribution, à l'image de Wikipedia ou WikiLeaks », mais pense aussi à développer des « services annexes, pour proposer des adhésions premium ». Les deux créateurs de SpreadBand ne rechignent pas non plus à prendre en compte d'éventuels revenus publicitaires, mais espèrent parvenir à s'en passer.
Ils se sont donnés « deux ans, peut-être trois » pour voir si la mayonnaise prend. Charge aux musiciens et aux programmateurs de faire en sorte que l'outil perdure, s'il répond effectivement à un besoin réel.w
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