Pour le directeur de France Terre d'Asile, « c'est le cinquième projet de Loi en huit ans, et cela consacre l'inefficacité des précédentes lois » et juge que « cette inflation législative doit tout de même interroger ». Qualifiant la mesure prévoyant l'extension des critères de déchéance de la nationalité de « chiffon rouge », il réfute par ailleurs que l'argument de la simple transposition du droit européen dans le droit français. Pour lui, « 70% du texte » ne trouve pas son origine dans les directives européennes. Sur l'extension de la durée légale de rétention, Pierre Henry souligne que la directive impose une durée maximale, mais pas de durée minimale. « On s'habitue à tout, en France comme en Europe. Souvenez-vous de 2003, ce n'est pas si loin que cela. La durée de rétention était alors de 16 jours. Eh bien nous voilà à 45 jours... ». Un délai que le directeur de France Terre d'Asile juge de plus « inutile », puisque « pour 85% des étrangers reconduits », la procédure est effectivement appliquée « en dix jours ».
Le renforcement des critères ouvrant droit d'accès à l'Aide médicale d'État (AME), fait également bondir Pierre Henry. Le texte prévoit en effet que les ressortissants étrangers pourraient être renvoyés dans leur pays « si le médicament dont ils ont besoin y existe », sauf que, note le directeur de Terre d'Asile, « il ne suffit pas que le médicament existe, encore faut-il que la personne y ait accès ».