Procès Evrard: la famille de la victime va attaquer l'Etat
Publié le jeudi 02 septembre 2010 à 15h42 - AFP
La famille d'Enis, enlevé et violé en 2007 par Francis Evrard qui a été condamné pour ces faits à 30 ans de réclusion, va poursuivre l'Etat qu'elle accuse de défaillances dans la prise en charge du pédophile multirécidiviste, a annoncé jeudi l'avocat du garçonnet.
Une procédure devant le tribunal administratif devrait être lancée dans les jours à venir, a-t-il précisé à l'AFP. Pour Me Emmanuel Riglaire, avocat du petit Enis et de son père, l'Etat a commis des « fautes particulièrement graves dans le manque de moyens qu'il donne au fonctionnement de la justice ».
Il a également dénoncé « le scandale des médecins rémunérés et choisis par l'Etat qui prescrivent du Viagra sans qu'aucun registre ne soit tenu ». Evrard, 64 ans, a été condamné le 30 octobre 2009 à 30 ans de prison, assortis d'une peine de sûreté de 20 ans, pour avoir enlevé, séquestré et violé par pénétration digitale, en récidive légale, Enis, âgé de 5 ans au moment des faits, à Roubaix le 15 août 2007.
Il a fait appel de sa condamnation et devait être rejugé en septembre par la cour d'assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer. Mais il a définitivement renoncé à un nouveau procès en se désistant de son appel mercredi.
Au cours des débats en première instance, le rôle des services de l'application des peines et des médecins des établissements pénitentiaires dans lesquels était détenu Francis Evrard avait été vertement critiqué par les parties civiles. L'enquête avait révélé que Francis Evrard s'était vu prescrire du Viagra quelques jours avant sa libération en août 2007. Or une plaquette entamée de ces pilules - qui permettent de lutter contre l'impuissance sexuelle - avait été découverte dans le garage où Enis avait été séquestré et violenté.
La justice s'était également retrouvée sur le banc des accusés après la mise au jour de graves dysfonctionnements dans l'accompagnement et la surveillance de Francis Evrard après sa libération. Le juge d'application des peines (JAP) de Rouen - où Evrard avait indiqué vouloir se rendre à sa sortie - ne lui avait notamment envoyé une première convocation que le 16 août 2007, quelques heures après son arrestation à Roubaix.


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