« La meilleure solution est que le site continue. La stratégie de Total est financière et non industrielle », déclare Christian Votte, secrétaire (CGT) du CCE. Le comité, qui avait commandé un rapport économique au cabinet Cidecos, lui a demandé un complément d'expertise.
« La raffinerie est viable, sans ajouter ni arrêter des unités », selon Philippe Wullens (Sud, majoritaire sur le site).
Mais pour la direction, les syndicats se basent, pour conclure à une viabilité, « sur un redressement conjoncturel des marges du raffinage ». « Cela ne suffit pas à justifier une décision industrielle. Les éléments qui ont motivé le projet de mutation du site restent inchangés », indique un porte-parole de Total.
Total a confirmé le 8 mars l'arrêt définitif du raffinage à Dunkerque (380 salariés, environ 400 sous-traitants), qui accuse des pertes en raison de l'effondrement de la consommation de produits pétroliers. Le groupe a annoncé en compensation la création d'un centre d'assistance technique, d'une école de formation au raffinage et sa participation au projet d'EDF d'un terminal méthanier à Dunkerque.
En outre, Total étudiait avec des partenaires le maintien sur le site d'une unité de biocarburants et l'installation d'un pilote pour biocarburants de seconde génération, représentant à eux deux 30 emplois.
Lors de la réunion de mardi, « les représentants des salariés ont été informés de difficultés ». « Les perspectives fiscales sont très défavorables et un rapport récent de l'Ademe (Agence de l'environnement et de maîtrise de l'énergie) est mitigé sur ce type de produits », souligne le porte-parole du groupe pétrolier.
« Si la production de l'unité devait s'arrêter, le site ne se prêterait pas à l'installation du pilote », ajoute-t-il.
En outre, mardi était présenté un rapport du cabinet Technologia sur l'état psychologique des salariés, qui établit d'après les syndicats que « la confiance est perdue » et que « certains cas de salariés sont inquiétants ».
Le processus d'information-consultation du CCE doit prendre fin le 17 juin et le démontage progressif de la raffinerie pourra alors être mise en oeuvre.