«Jungle» de Calais : Besson confirme, il y aura des retours forcés
Publié le jeudi 24 septembre 2009 à 16h50
Les expulsions de personnes interpellées lors de l'opération de police à Calais seront organisées "avec les Anglais", a précisé besson. Photo : AFP.
Le ministre de l'Immigration et de l'identité nationale Eric Besson a confirmé jeudi sur France 24, à propos des étrangers en situation irrégulière interpellés mardi à Calais, qu'«il y aura des retours forcés pour les personnes ne relevant ni du droit d'asile ni du retour volontaire».
Le président Nicolas Sarkozy avait donné « raison », la veille, à Eric Besson d'avoir démantelé la « jungle » de Calais. « Je vous annonce d'ailleurs qu'avec les Anglais, nous organiserons le retour des personnes en situation irrégulière », avait-il ajouté en réponse à des questions de TF1 et France 2.
La plupart des étrangers interpellés dans la « jungle » sont originaires d'un pays en guerre, l'Afghanistan.
Interrogé à son tour sur France 24, Eric Besson a déclaré: « Le président l'a confirmé, il y aura des retours forcés pour les personnes ne relevant ni du droit d'asile ni du retour volontaire, c'est à dire pour les personnes qui n'ont pas opté pour le retour volontaire ».
« Le président dit qu'il faut le faire partout, y compris dans les pays où c'est sensible, à condition que la protection des personnes soit assurée, qu'il n'y ait pas de risque pour leur intégrité physique », a-t-il ajouté.
Selon Pierre Henry, directeur de France Terre d'asile, 43 personnes majeures interpellées mardi à Calais (sur quelque 140, une vingtaine ayant été libérées) « auraient déposé une demande d'asile ou sont en train de le faire dans les neuf centres de rétention dans lesquels ils ont été placés ». Ce chiffre, selon lui, est évolutif et devrait augmenter au cours des prochains jours.
Une information confirmée par le représentant du HCR en France, Francisco Galindo-Velez, qui précise que les étrangers en situation irrégulière placés en rétention disposent de cinq jours pour déposer une demande d'asile.

Un juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal de Toulouse a ordonné jeudi la remise en liberté de 15 migrants transférés au centre de rétention de Cornebarieu (Haute-Garonne) après leur évacuation de la «jungle» de Calais, a-t-on appris auprès de leurs avocats.
- IMMIGRATION
Les juges des libertés de Nîmesk, où une partie des migrants interpellés lors de l'opération de police menée à Calais mardi avaient été envoyés, ont considéré jeudi que les détentions de 15 Afghans, placés au centre de rétention de la ville après l'évacuation de la «jungle» de Calais, étaient irrégulières et ont mis fin à cette rétention.

Les opérations de démantèlement des campements de migrants clandestins dans la «jungle» de Calais devraient commencer mardi matin, a-t-on appris lundi de sources proches du dossier. la préfecture du Pas-de-Calais, par contre, garde le silence radio.

L'opération de démantèlement du campement de migrants sans papiers près de Calais, annoncée la semaine dernière par le ministre de l'Immigration et de l'identité nationale Eric Besson, a commencé ce mardi matin. Des militants de No Border sont sur place pour tenter de s'opposer aux forces de l'ordre chargés de l'expulsion des migrants.

Eric Besson, ministre de l'immigration et de l'identité nationale, a donné les chiffres d'un total de 276 migrants, dont 135 se déclarant mineurs, qui ont été arrêtés dans la «jungle» de Calais mardi matin à l'issue de l'intervention des forces de l'ordre qui a duré deux heures.
- CALAIS

Au petit matin, hier, la « jungle » de Calais a été vidée de ses occupants par les forces de l'ordre. 276 migrants ont été interpellés.

Les 130 migrants majeurs toujours détenus après l'évacuation de la «jungle» de Calais mardi devaient être transférés mercredi vers des centres de rétention situés dans le sud de la France, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais.

La Cimade, seule association à être présente en centre de rétention, craint aujourd'hui de voir expulser des Afghans, dont des mineurs enregistrés comme majeurs par l'administration, après le démantèlement de la «jungle» de Calais.