Calais : La Commission européenne juge l'opération de police sans effet
Publié le mercredi 23 septembre 2009 à 17h01
La Commission européenne a déploré mercredi les réticences des Européens à faciliter les procédures d'asile et jugé les actions nationales sans effet au lendemain du démantèlement dans le nord de la France d'un campement de clandestins désireux de passer en Grande Bretagne.
« L'heure des réponses purement nationales est dépassée. Ce phénomène exige des réponses européennes, afin d'aligner toutes les pratiques », a affirmé le commissaire européen chargé des Libertés et de la Sécurité, Jacques Barrot. « La Commission a fait une proposition pour modifier les règles actuelles et permettre l'examen des demandes d'asile dans l'Etat où des parents proches du demandeur sont installés », a-t-il rappelé. « Il doit s'agir de parents directs, père, mère, frère ou soeur. Pas des cousins », a-t-il précisé.
M. Barrot a reconnu être déçu par l'accueil réservé à cette proposition. « Nous avons fait un tour de table lors du dernier Conseil (réunion) avec les ministres (de l'UE chargés de l'immigration) lundi à Bruxelles qui a montré des réticences de certains Etats, pas seulement du Royaume-Uni », a-t-il souligné. « Ces pays préfèrent appliquer un "Dublin intégral" au détriment des pays périphériques comme Malte, la Grèce ou l'Italie », a-t-il déploré.
Le dispositif actuellement en vigueur, dit "Dublin II", prévoit que les migrants doivent demander l'asile dans le pays par lequel ils sont entrés dans l'UE.
« La Commission a commencé à mettre la réponse européenne sur la table. Aux Etats de se montrer un peu plus solidaires et d'accepter cette entraide sans laquelle ils ne pourront pas résoudre les problèmes », a insisté M. Barrot. « Sinon on retrouvera tôt ou tard les situations de migrants qui errent, stimulés par des passeurs et les Européens divisés seront beaucoup plus fragiles », a-t-il averti.





