SevelNord : les débrayages ont repris
Publié le lundi 14 septembre 2009 à 15h52
Après une série de débrayages spontanés, en fin de semaine dernière, la production est de nouveau stoppée à l'usine SevelNord de Saint-Amand depuis 14 h 45 ce lundi.
Le site, filiale du groupe PSA, assemble des monospaces pour Peugeot et Ford.
L'ensemble de la chaîne de montage est à l'arrêt complet depuis que 71 salariés ont débrayés en début d'après-midi. La CGT et Sud dénoncent la signature d'un accord au niveau du groupe qui revient sur les conditions de paiement des jours de chomages partiels.
L'accord de la discorde
Henri Delhaye, représentant Sud au sein du site de Saint-Amand, dénonce "une baisse annoncée du pouvoir d'achat des salariés, qui ne seront payés que 90% de leur salaire net, sans la prise en compte des primes". Une baisse qui, selon les estimations syndicales, représentera "entre 10 et 13 en moins par jour".
Un chiffre que réfute une porte-parole de la direction de SevelNord, qui estime que la perte, pour les salariés, représentera "6,18 en moins, sur la base du salaire moyen". La direction iniste également sur le fait que "dans le nouvel accord, la période de chomage n'est pas dûe à l'entreprise, contrairement à ce que prévoyait l'accord de 2005". La direction estime que le nouvel accord revient à "payer le salarié 94% de son salaire net, et d'être payé pour rester à la maison". A l'heure actuelle, le groupe prévoît de suspendre la production pendant une journée au cours du mois d'octiobre et n'a pas encore arrêté le quota de jours chômés en novembre. "Cela dépendra de l'état des commandes", commente la direction.
Ce nouvel accord a été signé vendredi dernier au siège du groupe, à Paris, notamment par les instances nationales de la CGT. Mais à Saint-Amand, la CGT à SevelNord s'est rangée aux côtés du syndicat Sud pour en dénoncer le principe. Cette dissension entre les instances et la base intervient à quelques jours de la journée syndicale d'action programmée le 17 septembre prochain à laquelle la CGT métallurgie du Nord-Pas-de-Calais a apporté son soutien, au contraire des instances nationales.
"Surcharge de travail" ?
Les représentants syndicaux de SevelNord dénoncent également "des conditions de travail de plus en plus difficiles" et pointent "une surcharge de travail qui conduit les salariés à des débrayages presque tous les jours maintenant". Henri Delhaye (Sud) affirme notamment avoir alerté la direction, lors d'une réunion du CHSCT, sur le fait que "les gens rentrent chez eux décomposés" et que les conditions de travail pèsent sur leur vie de famille.
Un argument qu'entend également relativiser la direction de SevelNord qui affirme que les rendements sont passés de 42 véhicules par heure à 28 véhicules par heure aujourd'hui. Pointant les effets de la crise sur cette baisse d'activité, la direction juge qu'il n'y a pas eu d'augmentation de la charge de travail, malgré des suppressions de postes.
Depuis le début de la crise, l'entreprise est en effet passée de 3 800 à 3 200 salariés, du fait de la non reconduction des CDD et intérimaires. Dans le même temps, "nous sommes passés de 750 véhicules par jour à 380 véhicules par jour", insiste la direction de SevelNord.
A SevelNord, une assemblée générale doit se tenir dans l'après-midi pour décider, ou non, de la reprise du travail.
M.M.





