Vous êtes ici : Accueil > Actualités de la région > Dépêches

[VIDEO] Fin de blocage à Lille3, place aux examens

Six heures de tensions. Six heures de prises de positions, pour en arriver au déblocage de Lille 3. Vidéogramme : Nord éclair. Six heures de tensions. Six heures de prises de positions, pour en arriver au déblocage de Lille 3. Vidéogramme : Nord éclair.

L'assemblée générale des étudiants a voté hier en fin de journée et à une large majorité la fin du blocage du site. Les examens pourront donc se tenir selon le calendrier prévu par la présidence, dès début juin. SÉBASTIEN LEROY sebastien.leroy@nordeclair.fr


Six heures. Six heures de tensions. Six heures de prises de positions. Six heures d'interpellations d'un bout à l'autre d'un amphi bourré comme un œuf. Et dans la moiteur d'une fin de journée orageuse à bien des égards, la décision, enfin. « À la question de la poursuite du blocage, 496se sont prononcés pour, 745contre », annonce le président de l'AG. Tonnerre d'applaudissements dans les travées. Les perdants du jour font grise mine. Et déjà la question de la lutte est évacuée au profit de celle, bien plus terre à terre, du calendrier et des modalités des examens...

Utopie contre pragmatisme

Pour en arriver là, il aura donc fallu un nouveau marathon de six heures, au cours desquelles la question de la tenue des examens -et sous quelles modalités- a surclassé toute autre forme de débat. Car en entrant dans l'amphi, la question n'était déjà plus vraiment de savoir si des examens devaient être organisés ou pas.

Même dans les rangs d'Univers'Cité, le collectif d'enseignants mobilisés, on envisage leur tenue, à condition que les modalités en soient fixées par des AG réunissant profs et étudiants dans les 14 UFR que compte la fac. Et c'est autour de cette question qu'ont fini par tourner les interventions.

D'un côté on parle « réinvention de l'université », comme Damien, au nom du collectif des étudiants de philosophie mobilisés. Des mots lourds de sens historique sont jetés: « autogestion », « éthique », « rêve », « générations futures »... De l'autre, on invite à la prise de conscience que cette « réinvention est une illusion ».

« Si une voiture va contre un mur, on ne peut pas dire que c'est le mur qui fait du chantage », appuie Gabriel Galvez Behar, maître de conférence en histoire, qui rappelle au demeurant que « ce blocage affaiblit les plus faibles. Et si ce n'est pas l'université qui donne le diplôme, ce seront les boîtes privées qui le feront ».

Message repris un peu plus tard par Bruno Raoul, prof à l'IUP infocom de Lille3. « L'illusion serait de croire que l'université peut toujours rattraper. Si les étudiants disaient non à la tenue des examens, ce serait un processus irréversible. Il y aura des dégâts. Aujourd'hui, c'est un vote de responsabilité, c'est votre avenir immédiat qui est en jeu ».

L'argument prend, perceptiblement. Parce qu'elle sent l'auditoire vaciller, et parce que la pédagogie militante est faite de répétitions, Françoise Asso, du collectif Univers'Cité, remonte en tribune pour la quatrième fois au moins: « Aujourd'hui, il y a une alternative. Soit vous passez des examens Pécresse, soit vous passez des examens hors cadre ».

La bataille langagière de l'utopie contre le pragmatisme fait rage, dans la tension, mais dans l'écoute malgré tout. À l'exception notable de la violente charge physique sur une jeune bloqueuse d'Hervé Marie Morelle, un des porte-parole des anti-bloqueurs, par ailleurs délégué jeune UMP à Lille. Un épiphénomène...

« Que la raison prévale »

Vient le temps du vote. Début de confusion autour de la formulation de la question. Finalement l'assemblée s'accorde pour s'exprimer sur la seule question qui vaille: faut-il continuer le blocage et déterminer dans un second temps les modalités d'examens? Ou faut-il arrêter le blocage en acceptant le calendrier communiqué la semaine dernière (lire ci-contre), au risque que « tout ça n'ait servi à rien » ?

Dans un coin, Bernard Bach, vice-président à la formation, croise les doigts pour que « la raison prévale ». De sa poche, il sort le texte du code de l'éducation qui stipule que les seuls examens valables sont ceux dont les modalités ont été validées en début d'année par les instances universitaires. « Le recteur ne validera de toute façon pas d'autres formes d'examens ».

Très vite, la tendance se dessine. La file se dirigeant vers la sortie « fin du blocage » semble deux fois plus longue que celle des « pro-blocage ». « C'est le déblocage qui va passer », constate Camille, un peu déçue. Le décompte lui donne raison.

L'orage est passé, finalement. Ne restent que des éclairs d'amertume pour les vaincus. Les autres s'accrochent déjà au rayon de soleil qui vient de poindre après 15 semaines de gros temps.


À voir

Réagir à l'article

Tous les champs sont obligatoires.

Pas encore inscrit ?

Infos locales

Cinéma

Surprenante Angelina Surprenante Angelina

On s'attendait à du glamour et des paillettes. C'est une réalisatrice très consciente de son rôle d'ambassadrice de l'ONU que l'on rencontre. Angelina Jolie était de passage à Paris pour présenter son film « Au pays du sang et du miel ». Âpre, brut, sensible, surprenant.

les lecteurs
  • Note actuelle 2.50/4

Les autres sorties

« La mer à boire », ou le naufrage

Toujours à l'affiche

Restos

 Les meilleures recettes de nos chefs Les meilleures recettes de nos chefs

Les jeunes chefs de l'Athénée (B.) nous ont livré quelques-uns de leurs secrets : voici pour vous les recettes des meilleurs plats de fête qui ont bousculé nos papilles. A vos fourneaux!

Les autres restos...