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Un jeune Roubaisien agresse son professeur avec une lame à couper le cuir

Publié le 27/01/2010 à 00h00

Un professeur de cordonnerie se souviendra longtemps de ce qu'il a vécu. Un élève de 19 ans, Alain Gorre, s'est emparé d'une lame en acier et a voulu le frapper à la gorge.

Un jeune Roubaisien agresse son professeur avec une lame à couper le cuir
Un professeur de cordonnerie se souviendra longtemps de ce qu'il a vécu. Un élève de 19 ans, Alain Gorre, s'est emparé d'une lame en acier et a voulu le frapper à la gorge.


Heureusement, d'autres enseignants sont intervenus à temps.
Situé rue du Couvent à Blicquy, entre Tournai et Ath, l'institut d'enseignement spécialisé « La Porte Ouverte » accueille des ados de 13 à 20 ans présentant notamment des troubles de la conduite et de la personnalité.
Jeudi dernier, deux d'entre eux se sont disputés dans l'atelier de cordonnerie. Les choses ont dégénéré et Alain Gorre, un Roubaisien de 19 ans, a voulu quitter le cours. Le professeur s'y est opposé, d'autant que la visite d'un inspecteur était prévue ce jour-là.


Le jeune homme, que le parquet qualifie de « caractériel », a alors saisi un tranchet, autrement dit une lame d'acier affûtée servant à couper le cuir. Il a voulu frapper à la gorge le professeur, assis à son bureau. Celui-ci a réussi à esquiver le coup. Alain Gorre ne s'est pas découragé : il a fait le tour du bureau en invectivant l'enseignant avant de faire semblant de se suicider. C'est à ce moment-là que d'autres membres de l'équipe éducative sont intervenus pour calmer l'élève violent et surtout immobiliser son bras.

Incarcéré à Tournai
Alain Gorre, qui vit dans un kot à Basècles avec deux autres étudiants, a été emmené par les enquêteurs avant d'être entendu par la juge d'instruction de Tournai Françoise Van Den Noortgaete.
Alors que le parquet de Tournai avait requis un mandat d'arrêt pour menaces avec armes, la magistrate a estimé que les faits étaient plus graves et a inculpé le jeune Roubaisien de tentative de meurtre. Celui-ci a été incarcéré à Tournai. Ce matin, il comparaîtra devant la chambre du conseil de Tournai qui devra infirmer ou confirmer pour une période d'un mois son mandat d'arrêt.
Quand à Pascal Biebuyck, près d'une semaine après, il est toujours sous le choc. Marié et père de quatre enfants, il s'inquiète : « Si cet élève est libéré, que va-t-il se passer ? Il a répété qu'il veut me tuer, et il vit à moins d'un kilomètre de chez moi ! Je ne dors plus, je vais à l'école avec des pieds de plomb... S'il revient, est-ce que je devrais tenir son regard ? », s'interroge l'enseignant qui a déjà repris les cours, mais va demander du repos pour se remettre de ce traumatisme. w
MARIE BRAQUENIER

Nord Éclair