Après les cinq milliards de bénéfices réalisés en 2011 par la Banque de France, l'annonce d'un plan de restructuration a du mal à passer. 86 % de ses salariés nordistes ont donc cessé le travail hier en signe de protestation, soit un peu plus que la moyenne nationale (80 %).
« Huit agences sur les dix de la région ont fermé, souligne Éric Delattre, du Syndicat national autonome des personnels de la Banque de France Solidaires (SNABF) à Lille, et Maubeuge et Boulogne-sur-Mer ont fonctionné au ralenti avec 45 % de grévistes. » C'est toute l'intersyndicale SNABF-CGT-FO- CFE/CGC-CFTC-CFDT-Unsa-Syndicam qui avait appelé à la grève les 13 500 salariés de la Banque de France.
Les agences de Lens, Maubeuge et Douai fermées ?
Un mouvement très suivi, donc, pour le principal syndicat de la Banque. « Nous voulions une journée noire, pour montrer ce que sera la Banque de France après la restructuration. Sans service. » Le plan prévoirait en effet le départ de 150 salariés dans la région (entre 1 700 et 2 000 au niveau national, ndlr). Les services de Lens pourraient être transférés à Arras et ceux de Maubeuge et Douai à Valenciennes. « Le service ne sera plus le même », répète le syndicaliste Éric Delattre.
Le plan de restructuration, présenté hier en comité central d'entreprise extraordinaire, prévoit une refonte des services aux entreprises et aux particuliers à l'horizon 2020. Une situation que craignent les salariés, alors que d'après les syndicats, 40 % du personnel atteindra l'âge de la retraite entre 2015 et 2020. La Banque de France projetterait le non-remplacement d'un salarié sur deux.
Deux plans de restructuration ont déjà été imposés aux salariés depuis 2003. L'entreprise comptait alors 17 000 employés, contre 13 500 aujourd'hui. Une réunion intersyndicale est prévue lundi pour décider de la suite à donner au mouvement, après la présentation des résultats du comité d'entreprise d'hier.
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LUCIE TANNEAU