L'action citoyenne européenne vise à influer sur la réforme de la Politique agricole commune (PAC). Mathieu Glorian, le secrétaire régional de la Confédération paysanne, réclame une PAC qui favorise l'emploi.
Vous participez à la « Good Food March », quel en est le but ?
>> Les associations environnementalistes, la Confédération paysanne et des associations de solidarité se sont regroupées pour défendre une agriculture plus juste. Par cette marche jusqu'au Parlement de Bruxelles, nous voulons amener la population à débattre sur l'agriculture.
Qu'attendez-vous de la réforme de cette politique qui sera effective en 2014 ?
>> Nous souhaitons deux choses.
D'abord une redistribution plus équitable des aides, car aujourd'hui, les subventions sont allouées en fonction du nombre d'hectares, et les plus grosses fermes touchent donc davantage. Nous souhaitons que l'aide soit importante pour les premiers hectares, puis dégressive. Mais surtout, nous demandons la création d'un apport de 5 000 E par an pour le premier salarié de l'exploitation, puis 7 500 E pour le second. L'emploi doit être au coeur de cette réforme.
Les aides doivent passer par l'emploi, selon vous, pourquoi ?
>> On a modernisé l'agriculture au-delà de la nécessité vitale. Il faut arrêter d'aider les gens à agrandir la taille de leurs exploitations et de modifier les machines pour réduire la main-d'oeuvre. L'agriculture peut au contraire être créatrice d'emplois, mais actuellement, c'est quasiment impossible pour quelqu'un extérieur au milieu agricole de s'installer. En 1979, il y avait 38 400 exploitations dans la région, il n'en reste plus que 13 500 (chiffre de 2010).
Votre marche vise aussi à sensibiliser sur la gestion de l'environnement...
>> Les dommages environnementaux commencent à être pris en compte (nitrates dans l'eau, mises en cause des pesticides dans des cas de cancers...), nous souhaitons donc aller plus loin vers une meilleure qualité des aliments et un respect de l'environnement, qui passe aussi d'ailleurs par des parcelles plus petites.
Votre action peut-elle avoir un poids dans l'adoption finale de la réforme de cette politique agricole ?
>> Cette année, tous les signaux nous donnent raison : les consommateurs demandent de plus en plus de bio et nous avons un bon porte-parole au Parlement en la personne de José Bové. Nous n'avons pas les moyens financiers des lobbies, mais nous sommes forts de l'énergie des militants.w www.goodfoodmarch.eu. Des débats publics sont prévus dans la région, ce jeudi à Saint-Omer, vendredi à Merville et samedi à Lille
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Nous demandons des aides
à l'actif, c'est-à-dire en fonction du nombre de salariés, et non plus seulement calculées sur
le nombre d'hectares de chaque exploitation.