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Le jour J, c'était hier pour les professeurs

Publié le 04/09/2012 à 00h00

Hier, au vélodrome de Roubaix, les professeurs du lycée Jean-Rostand et du collège et lycée Van Der Meersch faisaient leur rentrée. Un lieu symbolique pour un nouveau départ.

Le jour J, c'était hier pour les professeurs
Hier, au vélodrome de Roubaix, les professeurs du lycée Jean-Rostand et du collège et lycée Van Der Meersch faisaient leur rentrée. Un lieu symbolique pour un nouveau départ.

Tout un symbole cette rentrée au vélodrome de Roubaix. Deux cent soixante-dix personnes dont 150 professeurs réunis hier à 9 h. Si à l'extérieur de la salle de conférences improvisée les ouvriers du vélodrome essuyaient littéralement les plâtres, les effectifs de la nouvelle cité scolaire s'apprêtent à les essuyer au figuré.
C'est à partir d'aujourd'hui qu'est réellement effective la mise en réseau du lycée Jean-Rostand et du collège et lycée Van Der Meersch. Et si Robert Minéo, proviseur des trois établissements, assure qu'il n'a jamais vu de rentrée aussi bien huilée que celle-ci, tout le monde va retenir son souffle dans les prochains mois.

Pragmatique

Mais les professeurs n'avaient pas le trac hier et étaient détendus pendant la petite demi-heure café-viennoiserie précédant le premier discours du proviseur. Des retrouvailles en famille et la découverte des nouveaux collègues.

Si devant les agents de Van Der Meersch, Robert Minéo avait eu un discours rêveur, empli de philosophie face à la nouvelle année, il était hier beaucoup plus pragmatique. Remerciements aux agents et équipes administratives : « Tout le monde était au taquet dans les équipes pour cette rentrée », affirmait le proviseur devant ses troupes. Suivait ensuite la présentation, un par un, de chaque collègue, professeurs, conseillers, infirmières, etc.
« C'est un discours de politique générale, de stratégie qui suit », annonce Robert Minéo. Passé en effet la présentation du calendrier, entre devoirs surveillés et bac blanc, le proviseur a annoncé la couleur : « Il y a 2 500 élèves de 3e dans un rayon de cinq kilomètres autour de nos établissements. On en a eu quelques-uns mais ce qui m'intéresse c'est ceux qui ne sont pas venus et pourquoi. On va aller les chercher. »

C'est de bonne guerre

Le proviseur est conscient des chiffres et il aime les statistiques : « 36 % des élèves de 3e qui passent en seconde. Nous allons étudier les chiffres ensemble. » Les résultats du bac dans les deux établissements sont « honorables et supérieurs à ce qu'attendait l'académie », mais l'homme veut plus. Robert Minéo a chaussé ses bottes de sept lieues et s'en va-t-en guerre. Un ennemi déjà : le privé.
« Nos professeurs sont meilleurs, certifiés et agrégés. On ne fait pas toujours grève et si cela nous arrive, c'est par raison ! » Cette année le lycée Jean-Rostand a été classé devant Henri-IV à Paris. Robert Minéo ne rêve pas, cela ne se reproduira pas avec la mise en réseau. Mais son but est clair : il veut faire de cette cité scolaire celle de l'élite. « Quand on dit à ses équipes qu'on n'a pas d'argent, on ment ! Je serai un chef d'établissement zélé ! » Des arts, du sport, des langues, des classes pour élèves surdoués dans l'avenir, il voit grand. Retour à la réalité cependant, il le dit lui-même : « L'état des salles de classes à Van Der Meersch est une honte et il n'y a même pas d'ascenseur pour l'accès des handicapés ! » Un panneau à mettre sur la grille de Van Der Meersch : « En travaux ! »

Nord Éclair