MARINE FORESTIER > region@nordeclair.fr
Dans un des magasins de chaussures de l'Usine de Roubaix, Ismaël, 5 ans, brandit fièrement la boîte en carton qui contient ses nouvelles chaussures, des bottines en cuir. Il ne reste plus qu'à chausser sa grande soeur, Sirine, qui a 8 ans. Une tâche plus difficile pour Sandra, la maman. Les modèles ne conviennent pas à sa grande fille. « Je fais les courses de rentrée en plusieurs fois parce qu'avec trois enfants ça prend beaucoup de temps. J'ai commencé par les fournitures scolaires, aujourd'hui ce sont les chaussures et une partie des vêtements. » Gaëlle n'applique pas la même méthode. Elle a un budget de 500 E pour rhabiller sa fille, Rose, qui entre au CP. « Culottes, collants, chaussettes, tee-shirts à manches longues, manteaux d'hiver, j'achète tout aujourd'hui ! » Pour cette maman, l'important c'est la qualité, et le choix. Surtout quand les articles qu'elle repère disparaissent dès l'automne. « Ça ne m'embête pas de mettre le prix si c'est pour avoir des vêtements de marque qui dureront plus longtemps. » Pas le même verdict pour Sandrine et ses quatre filles. Elles font leur shopping de rentré au centre commercial V2 de Villeneuve d'Asq. Aujourd'hui l'objectif c'est une paire de chaussures pour Florine, 14 ans, et quelques tee-shirts. « Les filles suivent la mode, donc forcément ça peut coûter cher. Heureusement elles restent raisonnables. » La famille est partie en Belgique la semaine dernière pour trouver des chaussures, en vain. « Et ce n'est pas forcément moins cher. »
Économies
Car l'objectif des parents, à la veille de la rentrée, c'est de trouver les vêtements qui satisferont leurs enfants sans pour autant faire pleurer le porte-monnaie. Julie doit concilier avec les deux. Sa plus grande fille, Angèle, rentre au CM2. « Elle commence à s'intéresser à son look, comme les ados. Pour eux c'est important de ne pas aller à l'école en pyjama ! » Les magasins l'ont compris. En plus des spots publicitaires à la radio, les enseignes du centre commercial ont placardé en grand leur promo « Spécial rentrée », surtout pour les magasins spécialisés en mode enfant. Les parents qui ne peuvent pas rhabiller leurs petits avec des marques ont d'autres solutions : l'achat sur Internet, ou le troc de vêtements. Le magasin de dépôt-vente Lille aux enfants a connu une hausse de fréquentation de 10 % par rapport à la rentrée 2011. « Dans les dix jours avant la reprise les familles commencent à affluer », explique Sara Folcken, gérante du magasin.
Ici, les parents peuvent revendre les anciens vêtements de leurs enfants, devenus trop petits, et en racheter des presque neufs avec les bénéfices de la vente. Les mois de septembre et octobre correspondent à un pic d'activité pour le magasin. « Les mamans viennent pour rhabiller les enfants comme ça ils sont prêts pour la rentrée. » Le magasin accueille une centaine de personnes par jour, surtout des enfants de 2 à 10 ans accompagnés de leurs parents. Mais séduire les ados reste difficile, malgré le « Fashion store » installé récemment. « À partir du collège les enfants sont plus difficiles. Ils disent que ça craint d'acheter des vêtements d'occasion. » Les parents n'ont plus qu'à convaincre les ados réfractaires. Et c'est peut-être bien plus difficile que d'affronter la foule des courses de rentrée.w