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L'Histoire retiendra probablement que le vélodrome couvert régional Jean-Stablinski fut inauguré par l'unique pistard membre de l'équipe de France paralympique de cyclisme. Un coup de projecteur sur le handisport qui n'est pas sans déplaire à Laurent Thirionet, qui ira tâter la piste londonienne à la fin de l'été : « À la télé, on passe toujours après l'émission sur la chasse, vers 2 heures du matin... À cette heure-là, il n'y a que le dépressif ou le passionné qui regarde. » Précisons que l'homme se définissait quelques secondes auparavant comme un « sale caractère ».
« Faire revenir les sportifs
à Roubaix »
Outre Laurent Thirionet qui effectue une partie de sa phase de préparation pour les JO à Roubaix, la star du jour pourrait aussi être le vélodrome lui-même, le « Stab » comme les visiteurs l'appelleront bientôt. Décidé en 2006, commencé en décembre 2010, et sa première pierre posée le 19 février 2011, le site devrait être inauguré le 15 septembre prochain. Sans remuer la béquille dans la plaie, l'adjoint aux sports de la ville de Roubaix, Henri Planckaert, rappelle que, sans les petits retards de travaux survenus en cours de chantier, la structure aurait pu assurer l'entraînement de l'équipe de France olympique de cyclisme sur piste. Que les éternels pessimistes remballent leur salive : « Le 30 août tout sera fini, dernier coup de balai compris », assurait Stéphane Pouilly, le directeur du vélodrome, lors des dernières visites officielles.
Pour ceux qui auraient manqué les dernières visites, le vélodrome couvert Jean-Stablinski, c'est quoi ? À deux pas du vieux vélodrome André-Pétrieux et du Vélo club de Roubaix, une piste de 250 mètres (et donc de taille olympique), une tribune de 1 500 places, une aire centrale pouvant accueillir 1 000 personnes et 9 terrains de badminton, etc. « Tout a été bien pensé », explique le coordinateur de l'équipe paralympique Thierry Weissland. « C'est très lumineux, il y a un super espace de récupération et une salle de musculation... À mon avis, le site va exploser et faire revenir les sportifs à Roubaix. » Car plus que de savoir si la dernière moquette sera posée pour le 1er septembre, l'enjeu est bel et bien là : la ville est-elle encore capable de fournir de grands champions, comme ont pu l'être Alain Bondue ou Arnaud Tournant ? « Le Nord est une terre de vélo mais les cyclistes ont tendance à disparaître », semble se lamenter Laurent Thirionet. Avant d'adouber une nouvelle fois le « Stab » : « C'est un équipement remarquable pour former les pistards. Une piste rapide, sèche et il y a tous les équipements annexes. » Ne serait-ce donc qu'une histoire d'« équipement » ? Thierry Weissland répond par l'affirmative, égratignant au passage les derniers résultats des « valides » : « Si la France se fait aujourd'hui battre par l'Angleterre ou la Chine, c'est que ces pays sont particulièrement bien équipés. Si on n'a pas de vélodrome, comment peut-on développer la discipline ? » Les pages du cyclisme sur piste française sont donc encore loin d'être toutes noircies. Et le vélodrome couvert de Roubaix pourrait bien y trouver une place de choix, pourquoi pas en gras et en couleur, aux côtés de ces nouvelles structures qui sortent de terre, que ce soit à Saint-Quentin-en-Yvelines ou à Bourges. En tout cas, les vacances sont définitivement finies pour la piste roubaisienne : après avoir été baptisée cette semaine par Laurent Thirionet, elle sera noircie par les roues de l'équipe paralympique du Canada dès le 16 août. Sont aussi prévues, en même temps que l'inauguration, les coupes de France de cyclisme sur piste cadet et junior... Les têtes n'ont pas fini de tourner. w