Pluie, bruine, crachin ou drache, j'ai droit à l'eau sous toutes ses formes ce matin. Il est encore tôt à Arras, je prends quelques minutes pour m'équiper correctement avant d'affronter le gros temps. Mon imperméable blanc me fait ressembler à un bonhomme de neige. Mes affaires, elles, sont en sécurité : tout a été emballé dans des sacs en plastique, et mon sac à dos a droit à son propre K-way. Heureusement le vent est faible et ce n'est pas un peu d'humidité qui va m'arrêter. Nouveau challenge : quitter Arras. Faute de piste cyclable et d'un bon plan, je me retrouve à contresens, puis sur le trottoir. Un passant, non content de partager son territoire, râle en me voyant. Je m'excuserai une autre fois, j'ai enfin trouvé comment sortir de la ville. Un petit morceau de la départementale D266 et enfin de chaleureuses retrouvailles avec les routes de campagne. Les hauts talus sur le bord des routes sécurisent mon chemin, déjà embelli par les fleurs sauvages. Je m'enfonce un peu plus dans l'Artois, et un vert profond envahit le paysage. La végétation est dense, humide. De nombreux chevaux me voient passer, peu curieux puisque je n'ai pas de gourmandise à leur proposer. Bref retour au bruit à Tincques, où un coqueleux me fait visiter son élevage (voir ci-dessous). Une mauvaise lecture de carte et me voilà à faire des détours entre les champs de blé. Le temps est moins pluvieux dans l'après-midi, je peux enlever mon manteau.
En roue libre, le ventre vide
En temps normal, je trouve toujours un supermarché sur mon itinéraire. Cette fois-ci la campagne est déserte. De Maizières à Buneville, pas de boulangerie, pas de snack. Menu du déjeuner : des biscuits et une poignée d'amandes. L'énergie vient à manquer lorsque, du côté de Flers et de Linzeux, les grandes descentes annoncent des montées d'autant plus pentues. Pour la première fois je finis ma route à pied. L'épreuve sportive passée, je prends la direction de la mer. Par chance, mon vélo dévale descentes sur descentes. Plus besoin de pédaler, je suis en roue libre et me laisse guider par les petits chemins. Le vent freine parfois la course, mais je ne suis jamais allée aussi vite de tout mon périple. Arrivée à Hesdin, je prends un repas et un repos bien mérités. Le pays des sept vallées que je parcourrai demain est ma dernière étape avant de rentrer.w