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« Chez nous aussi, il faudrait sécuriser »

Publié le 02/08/2012 à 00h00

Le problème des venelles et des allées de garages non sécurisées mis en lumière avec le drame qui s'est produit aux Orions n'est pas propre à un quartier. Dans d'autres lotissements du même type, on trouve les mêmes plaintes, voire même des aberrations.

« Chez nous aussi, il faudrait sécuriser »
Le problème des venelles et des allées de garages non sécurisées mis en lumière avec le drame qui s'est produit aux Orions n'est pas propre à un quartier. Dans d'autres lotissements du même type, on trouve les mêmes plaintes, voire même des aberrations.

C'est visiblement un casse-tête. À entendre avant-hier les réactions du maire, Michel-François Delannoy, et du bailleur Vilogia, le problème posé par les venelles dans le quartier des Orions n'est pas près d'être résolu (lire notre édition d'hier). Comme nous l'expliquions hier, certaines ont déjà été fermées mais c'est bien souvent parce que les riverains ont fait pression sur le bailleur ou sur la Ville. Plusieurs habitants du quartier se souviennent d'avoir signé des pétitions. Éric Gauthier, un riverain, raconte même avoir une fois envoyé une vidéo à la mairie. « J'avais filmé le centre-ville et les venelles pour montrer ce qui allait et ce qui n'allait pas. Pour les venelles, j'avais ajouté la musique d'Il était une fois dans l'ouest et j'avais posté la vidéo sur YouTube. » Depuis, la vidéo a été retirée par le riverain. Trois jours après son mail à la mairie, il assure avoir été contacté et des barrières ont été posées près de chez lui.

Ce qui ne l'empêche pas de continuer à accuser la Ville et le bailleur de ne rien faire par ailleurs.
Du Pont-Rompu
au Pont-de-Neuville

Mais il n'y a pas qu'aux Orions que les venelles ou les allées de garages non protégées - comme celle où s'est produit le drame de lundi - posent problème. Au Pont-Rompu, les habitants rencontrent les mêmes difficultés. Certaines artères sont même réputées pour le trafic de drogue. Des travaux sont en cours. Vilogia est aussi le bailleur du quartier. Nous nous sommes également rendus au Pont-de-Neuville, derrière les barres d'immeubles qui bordent la chaussée Gramme, parce que les constructions datent de la même époque et qu'elles dépendent du même bailleur. Là, pas de venelles mais des petits chemins qui serpentent autour des immeubles. Des riverains se plaignent de leur propreté. Des sacs poubelle sont abandonnés derrière un des immeubles qui mène à une rangée de garages, rue Mac-Donald. L'un d'eux semble abandonné. Un riverain qui bricole dans le sien l'ouvre devant nous. On y trouve un quad pour enfant à la disposition de tout le monde. « Hier, j'ai encore dû intervenir. Il y avait là des bouteilles de white spirit et une bande de gamins. J'ai pris les bouteilles et j'ai viré les gamins. Ils avaient entre 5 et 10 ans », peste ce Tourquennois. Et d'ajouter : « Quand on prend les chemins pour aller vers les immeubles, il y a tout le temps des détritus, de quoi faire un feu... » Vérification faite, d'autres détritus bordent le chemin qui remonte des garages aux immeubles. Le reste des pelouses autour des barres a l'air propre. Dommage pour l'image.

De l'autre côté de la chaussée, on trouve des maisons du même type - et certainement de la même époque - que celles que l'on trouve aux Orions. Vilogia est encore le bailleur du quartier. Au bout de la rue Victor-Capart, Lucien, 85 ans, habite le quartier depuis 50 ans. Il sort sa voiture de son garage.

L'accès est fermé par une belle barrière. « Ça n'a pas toujours été comme ça, ce sont les habitants du quartier qui l'ont demandée. Depuis, on est tranquille. » Un peu plus loin, se trouve une autre rangée de garages, rue Alexandre-Desrousseaux. Mais là, pas de grille. On entre comme dans un moulin. Une vieille étagère type suédoise bon marché et un vieux canapé du même acabit sont abandonnés. À droite, on trouve l'entrée d'une venelle. Étroite, elle donne sur les jardins des riverains. « Il n'y a pas vraiment de problème. Mais ça serait bien que l'entrée des garages soit fermée. Chez nous aussi, il faudrait sécuriser », explique Arianne, une habitante du quartier. Il y a quelques jours, ses voisins ont été cambriolés. « Ils sont passés sur le côté de la maison, par l'allée des garages. Ils sont même venus deux fois pour prendre les deux voitures et tout le matériel hi-fi. »

Vue sur un terrain vague

Mais la palme de l'aberration revient à la rue de Fleurus. Là encore, on retrouve le même type de maisons. Certaines appartiennent à des privées mais la plupart sont encore louées par Vilogia. Proprettes, les habitations en briques rouges forment un rectangle au milieu duquel se trouve un terrain vague dont l'entrée est cette fois fermée par une grille... à l'initiative des propriétaires et des locataires. Un riverain témoigne : « Avant, on avait les collégiens (de Saint-Gabriel, ndlr) qui venaient squatter là derrière. Alors un jour, on s'est tous cotisé et on a mis un portail en bois. C'était il y a quinze ans. Avec le temps, il s'est abîmé et on l'a remplacé par un portail en fer. Un jour, Vilogia est passé. Ils ont demandé qui avait mis cette grille. Ils n'étaient pas contents car ils n'avaient plus accès au terrain ». Un voisin leur a donné une clé, « ils l'ont nettoyé une fois et depuis, rien. On voit passer des rats gros comme ça », dit-il en écartant les mains. « Et puis surtout, ce terrain ne sert à rien ! » Un riverain affirme que le maire est au courant - « il est passé au moment des élections et a demandé ce que c'était » - mais « il n'y peut rien, c'est à Vilogia de faire quelque chose ». Et entre des garages ou une aire de jeu sécurisée pour les riverains, il y a de quoi faire.

Un concept qui date un peu

Les logements de la rue de Fleurus, comme ceux des Orions datent des années 50 ou 60. À l'époque, le bailleur s'appelait CIL et il était pionnier.
Aux Orions, où se trouvaient alors des champs, il avait amené des logements sociaux en s'inspirant de la cité-jardin de l'architecte anglais Ebenezer Howard. Le principe de la cité jardin est né en Angleterre sous sa plume, à la fin du XIXe. À l'époque, Ebenezer Howard souhaitait construire des petits noyaux de villes entourés de verdure. Le problème, c'est qu'avec le temps le concept importé est nettement moins champêtre.

Nord Éclair