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Theatro : retour à Lille sous haute surveillance

Publié le 25/07/2012 à 00h00

Extradés d'Espagne hier matin, les deux hommes suspectés d'être impliqués dans la fusillade du Theatro ont été présentés devant une juge d'instruction qui leur a notifié leur mise en examen. Hier soir, ils ont été placés en détention provisoire dans deux prisons différentes.

Theatro : retour à Lille sous haute surveillance
Extradés d'Espagne hier matin, les deux hommes suspectés d'être impliqués dans la fusillade du Theatro ont été présentés devant une juge d'instruction qui leur a notifié leur mise en examen. Hier soir, ils ont été placés en détention provisoire dans deux prisons différentes.

Du travail d'orfèvre. Alors que les autorités judiciaires parlaient hier à mots couverts d'une arrivée à Lille à 17 h 30, le convoi transportant Fayçal Mokhtari et Djelloul Cherifi s'est présenté devant le palais de justice... à 17 h 31. Quelques minutes auparavant, sous le regard de quelques curieux et d'une dizaine de journalistes, l'arrière du tribunal avait été sécurisé par des policiers armés jusqu'aux dents et des membres encagoulés du GIPN. L'élite pour accueillir celui qui fut durant quelques jours l'ennemi public numéro 1.

Des tergiversations concernant l'avocat de Fayçal Mokhtari

Toutes sirènes hurlantes, le convoi s'est ensuite engouffré à l'intérieur du bâtiment et s'est soustrait aux yeux indiscrets. Le tireur présumé dans la dramatique affaire du Theatro était enfin déféré devant ses juges après une semaine de cavale et 18 jours de geôles madrilènes.

L'avenue du Peuple Belge pouvait, à 17 h 45, retourner à la vie normale. Même si des curieux ou des proches venaient au compte-gouttes à la pêche aux renseignements. D'ailleurs, peu d'informations ont filtré sur l'attitude des deux suspects, le parquet de Lille ne souhaitant pas communiquer dans l'urgence. Tout juste sait-on que Fayçal Mokhtari, le Tourquennois de 32 ans, a tergiversé puis pris le contre-pied de ses proches. Sa compagne, notamment, avait contacté un avocat pénaliste lillois mais le tireur présumé lui a finalement préféré Me Éric Dupond-Moretti. Ce dernier étant absent de Lille, c'est Tiffany Dhuiege, une de ses collaboratrices, qui l'a remplacé. Du côté de Djelloul Cherifi, le jeune Lommois suspecté d'avoir facilité la fuite du tireur en conduisant la voiture, son choix s'est porté sur Me Frank Berton. Absent également, il a été remplacé par Me Damien Legrand, son associé. Il semble également qu'avec l'accord de leurs avocats respectifs, les deux Nordistes aient refusé de s'expliquer sur les faits lors de l'interrogatoire de première comparution réalisé par la juge d'instruction.

Revenus en France et présentés devant un magistrat instructeur, la procédure classique peut donc reprendre ses droits. Vers 21 h, les deux hommes ont été amenés devant le juge des libertés et de la détention qui leur a signifié leur placement en détention provisoire dans deux maisons d'arrêt différentes. À dire vrai, en raison de la gravité des faits reprochés, des risques de fuite à l'étranger et du trouble occasionné à l'ordre public, les chances pour que le duo puisse être remis en liberté, même sous contrôle judiciaire, étaient quasiment nulles.

Nord Éclair