LUCIE TANNEAU > region@nordeclair.fr
La concentration prime. Le staff ne fait pas un cordon sécuritaire auprès de ses joueuses mais presque. Pas de photo pendant les entraînements, pas d'interview des joueuses avant les JO, pas de visite de la région. « Les joueuses doivent rester concentrées sur la compétition », nous traduit l'entraîneur adjoint, Tian Qile, presque le seul à parler anglais. Les Chinoises ne sont pas à Villeneuve d'Ascq pour faire du lien social. Si la plupart ont déjà joué en compétition à Paris, c'est par contre leur première fois dans le Nord, mais tant pis. Pour cette fois, l'objectif, c'est les JO. Et même la médaille d'or peut-être ? « Posez la question aux Françaises, ne vous tracassez pas pour nous », nous répond Kuang Lubing, le « coach en chef » de l'équipe, peu enclin à nous faire pénétrer dans les arcanes du basket-ball chinois.
La délégation est nombreuse et pourtant l'entraînement se déroule dans un silence des plus complets. On sent immédiatement la pression exercée par le staff technique sur les filles. Beaucoup de tabous entourent l'équipe et Kuang Lubing ne veut rien dévoiler des conditions de préparations de ses joueuses. Les secrets des championnes d'Asie doivent rester un mystère. Il remercie seulement l'ESBVA, le club villeneuvois, de les avoir invités.
L'occasion de découvrir
une équipe olympique
L'ambiance n'empêche pas Yann Droulez de se réjouir de les côtoyer chaque jour. Pas sportif pour deux sous et pas non plus particulièrement fana de basket, le bénévole de l'ESBVA se retrouve là « parce qu'on lui a demandé ». « C'est génial de voir ça, elles sont hyper concentrées, pas très détendues mais elles doivent être crevées avec le décalage horaire donc c'est normal ». Ce sera sûrement la seule fois de sa vie qu'il participera, même modestement, à l'entraînement d'une équipe olympique.
Zao Lau aussi a su saisir la balle au bond. L'étudiant chinois est depuis un an dans la métropole, au campus de Lille 1, en physique. Lui a l'air plus habitué au mode de fonctionnement chinois, une question de culture explique-t-il. « Elles ont besoin de concentration alors c'est normal de ne pas parler aux gens extérieurs », souffle-t-il, en demandant, quand même, si les autres délégations se comportent de la même façon.
Il retourne à Shanghai en août, pour continuer ses études là-bas et se réjouit, réellement, d'avoir pu bénéficier de cette expérience amusante. « Je suis chinois mais je n'aurais sûrement jamais rencontré l'équipe si j'avais été chez moi, alors c'est à la fois drôle et intéressant de les accompagner ici, dans le Nord. » L'entraînement se termine et les filles remontent vite dans le bus, direction leur hôtel. Yann et Zao les retrouveront demain, même heure, même place, pour un nouvel effort avant, ils l'espèrent tous, le titre.w