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Alcool : le « péril jeune »

Publié le 21/07/2012 à 00h00

Les jeunes ont-ils la culture de la cuite ? Pour les associations de prévention et les professionnels de la nuit, l'alcoolisation massive est une mode venue d'outre-Manche : le « binge- drinking » ou la dangereuse culture de l'alcoolisation à outrance et à toute vitesse...

Alcool : le « péril jeune »
Les jeunes ont-ils la culture de la cuite ? Pour les associations de prévention et les professionnels de la nuit, l'alcoolisation massive est une mode venue d'outre-Manche : le « binge- drinking » ou la dangereuse culture de l'alcoolisation à outrance et à toute vitesse...


ALICE DE LA CHAPELLE > region@nordeclair.fr
« Se mettre une race » : locution verbale signifiant « viens, on boit beaucoup et vite avant de sortir et si demain on a tout oublié c'est que la soirée était bonne. » En Angleterre, on appelle ça le binge drinking. Et les jeunes Français s'y mettent depuis quelques années. Une ivresse extrême et trop rapide qu'on retrouve partout en Europe.
Pour Jean-Philippe Bas, responsable de la prévention pour la Smeno (sécurité sociale étudiante), « depuis le milieu des années 90, l'influence anglo-saxonne a changé la consommation culturelle française. » Les jeunes ne boivent plus un verre de rouge à chaque repas et préfèrent l'alcool fort en masse.


Et ce serait pire chez nous. « Le Nord-Pas-de-Calais est en avance sur le reste de la France. On subit l'influence du reste de l'Europe du Nord les premiers », décortique Jean-Philippe Bas.
Daniel Dassonville est portier/videur à Lille. Il accuse aussi la mode anglo-saxonne et les médias « avec ces reportages et Internet qui le montrent. C'est devenu un jeu. À celui qui boira le plus. » Daniel pense aussi qu'il faut interdire « vraiment » aux "night shops" (ndlr : magasins ouverts tard le soir) de vendre de l'alcool la nuit. « Au moins dans les établissements de nuit, la consommation est contrôlée. Et puis qui a les moyens de s'alcooliser vraiment dans les boîtes ? C'est beaucoup trop cher », observe-t-il. Les jeunes préfèrent donc acheter une bouteille de vodka à 13E plutôt qu'à 70E en discothèque.

Apéro intense
Ils se retrouvent alors pour prendre l'apéro. Pardon, « Apéro » c'est la culture française. Maintenant ça se dit "before" (avant) ou "pregame" (avant-match). Sauf qu'ils jouent la partie presque en entier. Quand ils sortent pour rejoindre les établissements de nuit, ils ont déjà joué France-Brésil 98. Il leur reste au mieux le but d'Emmanuel Petit à tirer...« Ils arrivent en titubant. Ils se détruisent et n'auront aucun souvenir. Et il n'y pas que la gent masculine. Les filles aussi arrivent raides mortes et dans des tenues... On se demande ce que font les parents » , s'interroge Daniel.

Garder le
contrôle
Avant la loi du « dernier verre » qui permet aux portiers de refuser l'entrée aux gens déjà trop alcoolisés, que faire pour enrayer cette épidémie anglaise ? Pour Jean-Philippe Bas, la prévention est devenue difficile. Les flyers, interdire les soirées open bars, former les barmans, autant de pistes qui ne fonctionnent que si les jeunes consomment en boîte.
Alors la Smeno distribue des éthylotests. « Des pense-bêtes », selon Jean-Philippe. Et puis une idée, une vraie. Une ludique que le jeune comprend : l'application qui permet de gérer sa consommation sur son smartphone en entrant son poids, sa taille, la nourriture, et ce que l'on a consommé. Elle vous avertit de votre taux d'alcoolémie en temps réel. w

Nord Éclair