Une dizaine de victimes présumées ont été recensées.
La surprise a été totale ce week-end pour les catholiques de la paroisse Notre-Dame des Mottes, au sud de Dunkerque, qui comprend les communes de Bollezeele, Eringhem, Merckeghem et Rubrouck. Ceux-ci ont appris lors de la messe du dimanche que leur curé, le père Philippe Détré, qui officie dans la paroisse depuis septembre 2005, avait été placé en détention quelques jours auparavant.
Le prêtre a en effet comparu en fin de semaine dernière devant un juge d'instruction lillois qui l'a mis en examen notamment pour viols sur mineurs de moins de quinze ans. Le prêtre a été écroué dans la foulée par le juge des libertés. Un peu plus tôt, au cours de sa garde à vue qui s'est déroulée dans les locaux de la gendarmerie de Dunkerque, l'ecclésiastique aurait reconnu les faits tout en minimisant leur portée.
Une source judiciaire qualifie l'affaire de « très grave ». Elle aurait été révélée par des catholiques aujourd'hui majeurs, qui auraient affirmé avoir été victimes de ce prêtre il y a plusieurs années lorsque celui-ci officiait dans le secteur de la métropole lilloise. On compterait pour l'heure une dizaine de victimes. Les autorités n'excluent pas que leur nombre augmente après la révélation de l'arrestation du prêtre. L'enquête est en tout cas loin d'être terminée. Un long travail d'investigation s'annonce pour les gendarmes de la Section de recherches de Lille, qui ont été saisis de cette affaire.
Selon nos informations, le diocèse de Lille, que nous ne sommes pas parvenus à joindre hier, a pleinement collaboré avec les autorités judiciaires. Contacté hier soir, le parquet de Lille n'a pas souhaité communiquer pour le moment. On devrait en savoir plus aujourd'hui, dans les limites du secret de l'instruction qui prévaudra dans cette affaire.w
BRUNO RENOUL