Ils interpellent les élus locaux pour rencontrer le ministre du Travail, Michel Sapin.
Vendredi matin, trois délégués syndicaux distribuaient des tracts rue Gambetta à Lille. Pour Thierry Siwik, du syndicat CGT à Camaïeu, le partage des richesses dans le magasin de prêt-à-porter est injuste. « Entre 2007 et 2011, l'enseigne a donné 500 millions d'euros de dividendes à ses actionnaires, c'est plus que certaines multinationales. Les employés, eux, ont connu une augmentation de 1,6 % de leur salaire » , déplore-t-il. En 2009, l'ancien directeur général de Camaïeu, Jean-François Duprez, était classé patron le mieux payé de France par le magazine Capital.
Salariés au RSA
« Un salarié avec vingt ans d'ancienneté peut ne gagner que 1 180 E nets par mois », compare Thierry Siwik.
Cherif Leebga, du syndicat Force ouvrière, doit compléter son salaire avec le RSA. « J'ai décidé d'arrêter de le demander. C'est censé aider les pauvres, pas les salariés de la première entreprise de prêt-à-porter en France ». Les salariés à temps partiel (22 heures), touchent 650 E nets par mois. L'enseigne donne aux salariés des tickets restaurant. « Mais nous n'avons aucune prime : pas d'intéressement aux résultats de l'entreprise, pas de prime de naissance, rien », s'indigne Cherif Leebga. Il y a bien un bonus hebdomadaire, calculé sur les résultats de vente. « Oui, mais c'est moins que ce que les salariés gagnaient avec l'ancienne prime », réplique Thierry Siwik. Par son porte-parole, Camaïeu dénonce cette opération de tractage, dépeinte comme « une initiative isolée, déconnectée de l'entreprise et de ses salariés ». FO et la CGT ne sont pas les syndicats majoritaires à Camaïeu. Mais ils continueront leur action devant d'autres magasins de la région. Jusqu'à obtenir un rendez-vous avec Michel Sapin. w
MARINE FORESTIER