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Le label mondial célébré avec émotion

Publié le 07/07/2012 à 00h00

Une petite centaine de personnes sont venues au stade Bollaert fêter l'inscription du bassin minier au patrimoine mondial de l'Unesco. Dans les tribunes, le silence quasi-religieux n'était interrompu que par les applaudissements.

Le label mondial célébré avec émotion
Une petite centaine de personnes sont venues au stade Bollaert fêter l'inscription du bassin minier au patrimoine mondial de l'Unesco. Dans les tribunes, le silence quasi-religieux n'était interrompu que par les applaudissements.


MARINE FORESTIER > region@nordeclair.fr
« C'est une fierté pour nous que le courage et la souffrance de nos pères soient reconnus. » Jean-Marie Lecocq est heureux de voir le bassin minier inscrit à l'Unesco. « Mon père était le dernier mineur de Liévin, au puits n° 1 », raconte-t-il, assis à côté de son épouse et de son fils. « C'est une forme de vengeance sur le passé. » Le passé, c'est aussi ce qui a fait venir Christophe Chevalier. Petit-fils de gueule noire, il connaît par coeur l'histoire de ce territoire mais tient à la partager avec ses enfants.
Corentin, 15 ans, et son petit frère Clément, ne savent pas vraiment ce que faisait leur grand-père Marcel à leur âge. Alors, du haut de la tribune du stade Bollaert, temple du ballon rond érigé par les Houillères, leur père leur montre l'écran géant sur lequel est diffusée une vidéo rétrospective de la campagne de dix ans menée par Jean-François Caron pour la reconnaissance du bassin minier. Une reconnaissance obtenue le 30 juin dernier à Saint-Pétersbourg en un petit quart d'heure et raccourci, hier, à quelques secondes. Assez pour émouvoir Christophe jusqu'aux larmes. « Fierté, il n'y a pas d'autre mot » , lâche-t-il en se frappant la poitrine côté coeur.


Les jeunes vont de l'avant Pas besoin d'être descendant de mineurs pour être touché. Christelle Caffin a quitté la Somme en 2004 pour habiter Liévin. Elle aussi a les yeux rougis, soi-disant « à cause du soleil ». « J'ai suivi l'aventure depuis le début, sur internet et Facebook. C'est une histoire humaine touchante et importante pour le monde entier. » Et d'insister sur le devoir de transmission et de mémoire, objectif parfois difficile à atteindre.
Dans la foule qui hoche la tête et écoute dans un silence solennel le nombre de terrils inscrits au patrimoine mondial (57), Angélique et Clément se montrent plus dissipés. Âgés de 22 ans, ils sont venus un peu par hasard. « On a lu qu'il y avait une fête à Bollaert. On s'attendait à plus de monde. En fait c'est juste un écran », regrette la jeune femme. Ici, pas de présentateur, juste la fine pluie et un écran retransmettant les festivités qui se déroulaient dans les salons réservés aux « officiels ». Content de voir le patrimoine minier sous les projecteurs, Clément émet toutefois quelques réserves. « C'est bien de ne pas oublier le passé. Mais il faudrait faire preuve de plus d'initiatives dans la région. » Le label Unesco promet des retombées touristiques dans tout le Pas-de-Calais. Mais ce soir au stade Bollaert, les descendants de mineurs ont obtenu beaucoup plus : la dignité et la confiance en leur histoire.w

Nord Éclair