Explications.
Les portes du Magazine Club resteront fermées jusqu'au 31 août. Cette fermeture administrative de trois mois décidée par le Préfet met en péril cette boîte de nuit qui emploie 22 salariés en CDI mais aussi des extras les soirs de grosse affluence et des Djs du monde entier. Le manque à gagner est de 380 000 E.
Que s'est-il passé ? Visé dans le cadre d'une enquête de la Police Judiciaire de Lille, l'établissement a été éclaboussé par l'arrestation d'un ancien portier arrêté pour trafic de cocaïne. L'enquête a débuté en mai 2011. « Or, l'agent de sécurité, suspecté de trafic n'était plus en activité chez nous depuis janvier 2011 », explique la direction du Magazine Club, à travers un communiqué de presse. « On a écopé d'une fermeture de trois mois, nous explique le gérant Péo Watson. On est plus qu'amers car en commission de la vie nocturne, la police municipale et nationale nous ont toujours félicité. Les trois contrôles inopinés des derniers mois n'ont révélé aucune infraction. On dit de nous que nous sommes le meilleur établissement de la ville. » Fort de leurs six années d'expérience (via les quatre années à la tête du Supermarket), les gérants adhérents au sérieux label « Quality Night » tombent des nues. « Trois mois, c'est la sanction administrative la plus lourde. Un établissement parisien a été condamné à quinze jours alors qu'une personne est décédée d'une overdose dans leurs toilettes. En novembre 2009, rue Masséna, un videur avait éconduit un client qui était mort en tombant sur le trottoir : le café avait écopé de deux mois de fermeture. Nous, nous n'avons aucun antécédent, il n'y a pas de mort, et le présumé trafiquant est présumé innocent. » Conseillés par Me Emmanuel Riglaire, les gérants ont souhaité se constituer partie civile. « Cette demande est encore à ce jour sans réponse », écrit la direction qui n'a jamais été entendue ou auditionnée lors de la conduite de l'enquête « subissant ainsi une décision sans droit d'écoute, ni de réponse ». w
LAURIE MONIEZ