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Vie nocturne lilloise : la police sera désormais « intraitable »

Publié le 05/07/2012 à 00h00

Depuis janvier, la police a déjà relevé 198 infractions dans les établissements de fête de Masséna-Solférino. La fusillade du Theatro ce week-end ne peut que l'inciter à être encore plus vigilante.

Vie nocturne lilloise : la police sera désormais « intraitable »
Depuis janvier, la police a déjà relevé 198 infractions dans les établissements de fête de Masséna-Solférino. La fusillade du Theatro ce week-end ne peut que l'inciter à être encore plus vigilante.

Alors que les enquêteurs de la PJ sont toujours à la recherche des deux suspects de la tuerie du Theatro dimanche, la police nordiste en a profité hier pour faire un point sur le secteur sulfureux de Masséna-Solférino. Et ce dans un contexte tendu, car une agression a eu lieu ce même week-end dans une autre discothèque (lire ci-dessous). Le directeur départemental adjoint de la sécurité publique, Nicolas Jolibois, résume la philosophie : « On sera désormais intraitable. » Membre de la commission de la vie nocturne mise en place par la ville de Lille, la police nordiste a le quartier Masséna dans son viseur. « Depuis le mois de janvier, il y a eu 111 contrôles et 198 infractions relevées » , poursuit Nicolas Jolibois.

« Cible facile »

Les statistiques semblent être en pleine explosion. « L'an dernier, il y a eu dix-sept demandes de fermetures administratives. Rien que sur le premier semestre de 2012, nous en sommes déjà à 13 », relève pour sa part Élisabeth Fouilloux, la commissaire à la tête de la division de Lille. Cela traduit-il un relâchement de la part des bars et boîtes de nuit de Lille ? Est-ce un signal d'alarme ? Non, répond Nicolas Jolibois qui ne voit pas d'escalade. « C'est juste le fait d'un durcissement de nos contrôles envers ces établissements, ce qui n'était pas relevé avant l'est aujourd'hui. » La police ne voit pas non plus une hausse sensible du nombre d'agressions. Quant à la fusillade de dimanche, elle ne doit pas être considérée comme un révélateur de ce climat. « C'est l'acte isolé d'un fou, selon Nicolas Jolibois, pour qui le débat dans cette affaire porte plus sur « la circulation des armes. » En revanche, comme ailleurs, les forces de l'ordre constatent une irrésistible ascension de l'alcoolisation chez les jeunes. Comme Lille compte deux discothèques de plus qu'il y a un an, forcément, il y a des dégâts. « Les gens oublient souvent qu'avec l'alcool ils deviennent une cible facile », regrette le commissaire William Hippert, qui dirige la Sûreté urbaine de Lille.

Les autorités qui organisaient déjà au minimum deux opérations de contrôle par mois dans ce secteur vont être encore plus vigilantes. Suite aux événements du week-end, la présence policière sera renforcée dans le quartier tout comme les contrôles d'alcoolémie. Le comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF) - qui réunit entre autres le parquet, la préfecture, l'URSAFF ou les douanes - continuera à passer au « peigne fin » l'activité des établissements. w Une marche blanche partira dimanche de la Grand-Place à 17 h 30, en hommage à Sabrina Vasseur, 25 ans, une des deux victimes de la fusillade du Theatro.

Nord Éclair