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VIDEO. Mettre sa vie en musique... à tous les âges

Publié le 21/06/2012 à 00h00

Les musiciens se produisent aujourd'hui, témoignent de leur art. Avant de pouvoir le faire, ils ont étudié, répété, travaillé... Le conservatoire est une des méthodes pour cela. Reportage à Tourcoing.

VIDEO. Mettre sa vie en musique... à tous les âges
Les musiciens se produisent aujourd'hui, témoignent de leur art. Avant de pouvoir le faire, ils ont étudié, répété, travaillé... Le conservatoire est une des méthodes pour cela. Reportage à Tourcoing.

Dans les escaliers dévalent des dizaines d'enfants, la plupart un étui sur le dos. Violon ou guitare, flûte ou alors saxophone. Nous sommes dans les couloirs du conservatoire de Tourcoing. Ici, comme dans tous les conservatoires, on forme en priorité les enfants. Pour des années de méthode, de rigueur aussi. « Nous n'accueillons pas d'adultes, à part en classe de chant, de chorale et sous certaines conditions dans notre département jazz, précise le directeur, Bruno Membrey. Les élèves peuvent venir ici dès l'âge de 6 ans. Puis nous les gardons 10, 12, 15 ans ! » Pour ceux qui restent. Qui persévèrent. Parce qu'apprendre ici à jouer d'un instrument reste un loisir exigeant. « Nous sommes un conservatoire à rayonnement départemental et en tant que tel, nous sommes contrôlés par le ministère de la Culture. Nous nous devons d'employer des méthodes rigoureuses », explique Bruno Membrey. Si la façon d'enseigner la musique varie dans d'autres structures ou cours particuliers, où le solfège s'apprend sur l'instrument et les morceaux sont à la demande, le conservatoire tient à conserver ses méthodes plus conventionnelles.

« Dix ans pour faire un roulement sur caisse claire »

Direction la classe de percussions. Trois petits élèves écoutent sérieusement Marc Bollen. Ça ne rigole pas, ça bosse. « Je suis dur, souvent, admet le professeur. Mais aussi valorisant, parfois... » Méthode nécessaire selon lui pour progresser dans la maîtrise de l'instrument, si tant est qu'on le maîtrise un jour... « Il faut de la rigueur pour apprendre la musique. C'est très technique, même sur le plan physique. Il y a des méthodes d'apprentissage à suivre... » D'abord, la technique. L'artistique viendra après. Louis, onze ans, ne semble pas s'en plaindre. « J'ai décidé moi-même de faire de la musique, mes parents ne m'y ont pas spécialement poussé. Je voulais faire de la batterie. Et ça me plaît. » Cela fait cinq ans qu'il se fait la main. Il lui faudra encore quelques années pour tout maîtriser. « Il faut dix ans pour savoir faire un roulement sur une caisse claire, compte Marc Bollen. Mes élèves maîtrisent cette technique vers l'âge de 17-18 ans... » Il se met au piano. Fait répéter les rythmiques à ses élèves, encore et encore.

3 à 4 % deviennent des pros

Dans la pièce voisine, ce sont les harpistes. Si en percussion, les trois élèves étaient des garçons, les deux apprenties ici sont des filles...
Pour commencer à maîtriser l'élégant instrument, « il faut cinq ans ». Alice, 15 ans, en est à sa « dixième année » . Elle joue un morceau. Sensibilité, maestria. « La musique est un travail journalier, c'est vrai », admet la jeune fille qui, jusqu'à l'année dernière, bénéficiait d'horaires aménagés dans son collège tourquennois pour suivre une formation plus approfondie au conservatoire. « C'est manuel, j'aime cela, explique-t-elle. J'aime le toucher des cordes. » Et toutes ces heures passées depuis des années sur sa harpe, est-ce pour en faire son métier ? « Non », répond-elle. Juste pour le plaisir, la maîtrise, la passion. « Seuls 3 à 4 % de nos élèves en feront leur métier, note Bruno Membrey. Nous ne sommes pas là pour former des professionnels. Les élèves viennent ici pour trouver une forme d'épanouissement. C'est sûr qu'au début, ils ne le ressentent pas vraiment. Les premiers sons qui sortent d'un violon ne sont jamais terribles... Mais ça change vite. Et il y a les pratiques collectives, les chorales, les orchestres. » Et la musique. Que les 850 élèves du conservatoire de Tourcoing, comme tous les amateurs qui s'acharnent à s'exercer à sortir un son de leur instrument, aiment sans doute avec passion.


Reportage dans les coulisses du Conservatoire de... par nordeclair

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