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Cumul des mandats : la valse annoncée des élus

Publié le 19/06/2012 à 00h00

« Monsieur le député-maire »... Une appellation bientôt hors d'âge ? Parmi les élus de dimanche, nombre de cumulards vont devoir choisir. Épines sur la rose en vue...

Cumul des mandats : la valse annoncée des élus
« Monsieur le député-maire »... Une appellation bientôt hors d'âge ? Parmi les élus de dimanche, nombre de cumulards vont devoir choisir. Épines sur la rose en vue...

Les voila donc au pied du mur mais la question est : le sauteront-ils avant que la loi les y oblige ou renâcleront-ils ? Dans la région, les parlementaires sont nombreux à cumuler ce mandat avec celui de maire, vice-président de conseil général ou encore adjoint au sein d'une municipalité. François Hollande s'y est engagé lors de la primaire socialiste, l'a confirmé dans ses propositions de campagne ; le non-cumul se profile, reste à savoir quand tombera le couperet.

En théorie, s'ils avaient suivi le choix des militants socialistes, les élus PS auraient tous dû entériner le non-cumul dès septembre 2012. Le vote des militants avait été écrasant, en 2009, pour le réclamer. Quelques disciplinés n'attendront pas une loi qui s'imposera à tous les partis pour passer le flambeau. Ainsi, Yves Durand, réélu dimanche député socialiste, quittera son mandat de maire de Lomme. « Je l'ai dit dès le départ et je pense que la loi, telle que préconisée dans les propositions du Parti socialiste, devrait s'appliquer à nous à partir de septembre. C'est un signal fort de renouvellement ». Gilles Pargneaux, premier secrétaire du PS dans le Nord, l'avoue : « Ce serait bien qu'on continue à montrer l'exemple » mais il ne se fait pas trop d'illusions. « Au PS, il y en a beaucoup qui coincent là-dessus » . Il prévoit qu'à défaut d'acte volontaire et exemplaire, « la loi l'imposera ». Quand ? « Au printemps 2013, je pense ».

De quoi faire bondir d'avance le député-maire UMP de Phalempin, Thierry Lazaro, vent debout contre ce qu'il appelle « un attrape-couillons ».
Rien de moins. « Maire d'une commune de 5 000 habitants, c'est ce qui me permet d'avoir les pieds sur terre. C'est une question d'organisation. Si on veut fonctionnariser le mandat de député, allons-y comme cela ! », tempête-t-il, persuadé qu'il est « absurde de faire une règle figée pour quelques-uns qui ne jouent pas le jeu. Il vaudrait mieux limiter le cumul des fonctions que celui des mandats ».
Et de citer un champion du genre, le Dunkerquois Delebarre qui est allé jusqu'à cumuler une vingtaine de fonctions « parmi lesquelles président national des HLM, une charge énorme ! ». D'ici là, petit tour d'horizon de ceux qui vont devoir choisir...

Au conseil régional. Réélu sénateur en 2011, le président Daniel Percheron est en première ligne. En délicatesse avec Martine Aubry qui lui doit le surnom de « la tsarine », on ne le sent guère pressé de passer le flambeau au premier adjoint de la maire de Lille, Pierre de Saintignon, qui piaffe d'impatience. Sûr que là, seule la loi tranchera. Autre sénateur qui devra choisir : le socialiste Dominique Bailly. Quant à Philippe Kemel, le maire de Carvin et vice-président en charge de l'apprentissage, qui a battu Marine Le Pen, il cumule... les cumuls et ne pourra tout garder.

Au conseil général du Nord. Rémy Pauvros, le maire de Maubeuge et numéro 2 du Département, élu député renoncera. Ce devrait également être le choix de Jean-Pierre Allossery, député depuis dimanche, maire d'Hazebrouck et vice-président à la culture. À ces vice-présidents, il faut ajouter Jean-Pierre Decool, frappé, lui, par l'actuelle loi qui interdit d'exercer en plus du mandat de député ceux de conseiller général et de maire. Un de trop.


Pour celui du Pas-de-Calais. Michel Lefait qui enchaîne un quatrième mandat de député devrait préférer l'Assemblée au Département où il occupe un siège de vice-président. J-J. Cottel (1e circonscription) échappe au cumul actuellement interdit, étant également maire d'une commune mais seules celles de plus de 3 500 habitants entrent dans la loi.

Côté maires, ça peut déménager... C'est là que les cumulards sont les plus nombreux et, là, ça va frapper aussi à droite : Marc-Philippe Daubresse (Lambersart), Bernard Gérard (Marcq-en-Baroeul), Thierry Lazaro (Phalempin), Francis Vercamer (Nouveau Centre, Hem), F.-X. Vilain (DVD, Cambrai), Daniel Fasquelle (Le Touquet). Concernés aussi le maire PC de Saint-Amand, Alain Bocquet, le dissident PS à Wattrelos Dominique Baert et, côté socialistes : Audrey Linkenheld, Rémi Pauvros, Yves Durand, Christian Hutin (MRC), Jean-Pierre Allossery (Hazebrouck), A-L. Dufour (adjointe à l'éducation à Denain) auxquels il faut ajouter dans le Pas-de-Calais les Guy Delcourt (Lens), Stéphane Saint-André (Béthune) et Philippe Kemel (Carvin). Tout cela fait du monde et... des nouvelles têtes en perspective. Suffit d'un peu de patience.w Lire également pages 36 à 38.

Nord Éclair