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Il est 20 heures : les deux finalistes sont...

Publié le 22/04/2012 à 00h00

19 h 59. Toute la famille retient son souffle, les yeux fixés sur l'écran. D'un coup, apparaissent les visages des deux qualifiés au second tour.

Il est 20 heures : les deux finalistes sont...
19 h 59. Toute la famille retient son souffle, les yeux fixés sur l'écran. D'un coup, apparaissent les visages des deux qualifiés au second tour.


Le résultat du travail de centaines de personnes.
CHARLES MONTMASSON
> region@nordeclair.fr


Deux visages en chiens de faïence, des pourcentages qui flottent sur l'écran... L'image est devenue un classique de la télévision française, que l'on ne manquera pas de retrouver ce soir à 20 heures précises, sur de nombreuses chaînes. À 20 h. Quelques secondes donc à peine après que le dernier électeur, citadin, a voté. Comment est-ce possible ?

Dès 18 h 30, on recueille les premiers résultats. Informatique ou pas, pour connaître les chiffres officiels, définitifs, du premier tour, il faudra attendre les résultats dépouillés de tous les bureaux. Ce ne sera qu'autour de 22 h que Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, pourra ce soir annoncer les résultats, en tant que responsable du bon déroulement des élections. Dans ce cas, d'où viennent les chiffres publiés à 20 h ? « Ce sont des estimations, qui reposent sur les bureaux de vote qui sont dépouillés à partir de 18 h », explique Vincent Dusseaux, d'Ipsos France, l'institut qui fournira les résultats notamment à France 2 et France 3. « On a 250 correspondants qui suivent les dépouillements, au sein d'un échantillon de 250 bureaux de vote », détaille-t-il. Dans chaque bureau, le dépouillement prend entre 30 et 45 minutes : à 18 h 30, les premiers résultats arriveront donc au siège d'Ipsos, à Paris, où 15 enquêteurs réceptionneront ces premiers résultats locaux.
À la différence des sondages, ces estimations sont basées sur des votes réels, mais ne portent que sur une petite fraction des bureaux.
Peu après 19 h, les instituts ont leurs estimations précises. Le recours à des bureaux-tests permet, même en se basant sur des résultats partiels, de déterminer très précisément le score global du scrutin. Le tout est d'avoir sélectionné avec soin ses bureaux témoins, explique Vincent Dusseaux : « Ils sont représentatifs, notamment au niveau géographique. Puis pour l'ensemble de la France, on pondère zones rurales et zones urbaines ».
Jusqu'à 20 h, les électeurs continuent de voter dans certaines grandes villes. Près d'une heure auparavant, peu après 19 h, les sondeurs disposent pourtant déjà, grâce à l'informatique, d'une estimation très précise du résultat. Celle-là même qui sera annoncée à la télévision. Mais interdiction de publier les résultats avant 20 h.
À ce moment, le risque de fuite est le plus grand. « Nous avons des consignes claires, confirme Vincent Dusseaux. Pas de communication avec l'extérieur ! » Enfin 20 h : les chiffres sont publiés. « Les deux candidats qualifiés pour le second tour, le 6 mai, sont... » : le présentateur disparaît, et à sa place, les Français découvrent la silhouette des deux finalistes.
À ce moment, on découvre les scores des deux candidats. Basés sur les bureaux-tests, ils ne sont pas définitifs. La statistique fait pourtant des miracles : « Le chiffre annoncé à 20 h ne bouge que d'un 1 % maximum dans la soirée » détaille Vincent Dusseaux. Que se passe-t-il si les candidats estimés en deuxième et troisième position sont au coude à coude ? Ne risque-t-on pas de se tromper sur le nom des deux finalistes ?
Le cas s'est présenté le 21 avril 2002, Lionel Jospin talonnait Jean Marie Le Pen, derrière Jacques Chirac. Vincent Dusseaux assure que « l'outil est très fiable » et rappelle que son institut avait donné à l'époque Le Pen à 17 % et Jospin à 16 %, des estimations très proches du résultat final (16,9 et 16,2 %).w

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