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VIDEO. Nouvelle démonstration de force de Mélenchon hier à Lille

Publié le 28/03/2012 à 00h00

Un Lille Grand Palais archi-comble, la foule dehors aussi. Jean-Luc Mélenchon a franchi un nouveau cap dans cette campagne. Pour ceux qui en doutaient : résolument sorti de la marginalité.

VIDEO. Nouvelle démonstration de force de Mélenchon hier à Lille
Un Lille Grand Palais archi-comble, la foule dehors aussi. Jean-Luc Mélenchon a franchi un nouveau cap dans cette campagne. Pour ceux qui en doutaient : résolument sorti de la marginalité.

Il n'a pas fait dans l'anecdotique. Une heure quinze de discours, à un rythme effréné, sur le mode rouleau compresseur. Jean-Luc Mélenchon est en forme, même s'il convient de ne pas vendre la peau d'une victoire de la gauche avant de l'avoir gagnée. Dans le train qu'il l'amenait à Lille, celui qui a remis le rouge à la mode confiait que « ce qui se passe là est plus grand » que lui. Et que « quel que soit le vainqueur, il se retrouvera avec sur les bras cette force ouvrière joyeuse ». Joyeux, il ne l'a pas été sur le fond, même si, devant la foule qui piétinait, un bref instant on a senti dans son regard quelque chose d'ébahi. Pas blasé.


Depuis la Bastille le 11 mars, Mélenchon est porté par une vague. Il est 20 h 42 quand il prend enfin la parole. Sont-ils 23 000 entre dedans et dehors ?
Plus de 20 000 sûrement et c'est énorme. « La rivière est sortie de son lit et, quoi qu'il arrive, elle n'y retournera pas de sitôt ».


Il prévient ceux qui le confinaient encore il y a peu dans un rôle de faire-valoir d'un combat qui ne se jouerait qu'à deux : « le Front de gauche est enraciné ».
C'est bien l'enjeu des semaines à venir pour lui. Conforter l'élan. Enfoncer le clou. Renvoyer Marine Le Pen à ses dernières dérives après le drame de Toulouse et faire comprendre à François Hollande que la donne a changé. Alors, il se concentre sur ce qui reste la préoccupation première des Français, même après l'horreur des deux dernières semaines qui « n'a pas fait vaciller la République » et n'en déplaise à Marine Le Pen qui a, bien sûr, tenté son coup. Il est ici pour parler emploi. Et donc industrie. Et encore délocalisations. Jean-Luc Mélenchon a fait ses comptes. « Avec Nicolas Sarkozy, vous avez 3 milliards de dégagement de TVA pour la restauration. Et la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux qui a "rapporté" cinq milliards par an ». Il y oppose une autre mathématique. Le Smic à 1 700 euros, « une revendication féministe puisque 80 % des emplois au Smic sont occupés par des femmes ». Au passage, un rappel en direction du PS, au cas où : « Quand on est de gauche et qu'on arrive au pouvoir, le Smic on l'augmente, ça fait partie des figures imposées ». Hausses de salaires réinjectées dans l'économie donc qui se traduiraient, selon lui, par des emplois supplémentaires la première année.

Il y ajoute un passage effectif aux 35 heures (en France, on fait en moyenne, actuellement, la semaine de 39,4 heures), le retour de la retraite à 60 ans, les postes de fonctionnaires supprimés rétablis, les emplois dans le BTP avec la création de 200 000 logements par an, un grand projet de recherches autour des ressources de la mer et l'instauration de « visas sociaux et commerciaux » autour de l'Europe pour contrer les importations de produits venant de pays qui piétinent les droits de ceux qui triment dans leurs usines. Mélenchon énumère, détaille, complète. Le tribun arrive à un 3,5 millions d'emplois créés. Et la salle exulte. C'est un chiffre qui lui parle. Il peut alors revenir sur le terrain plus politique. Il a déjà étrillé Marine Le Pen, « les capitalistes qui se goinfrent », plaidé pour sa 6e République, Mélenchon peut maintenant s'adresser à un PS qui a sûrement observé de près ce qui se passait à Lille hier soir. « Nous voulons une alliance de gauche claire sur un contenu de gauche clair ». C'est dit, ce n'est pas la première fois, ça va mieux en le répétant.
Mais surtout, après cette nouvelle démonstration de force, cela résonnera sans doute autrement.

Révolution citoyenne


« Le vote utile, maintenant, ce n'est plus celui de la peur où on vote par défaut. C'est voter pour le Front de gauche, pour mettre une bonne pilule à l'extrême droite ». Et parce qu'il est convaincu que sa brusque poussée dans les intentions de vote et ses succès populaires ne sont qu'un début, préparer la suite. Plus loin. Au delà. « Rassembler la gauche de la façon la plus efficace possible ». Négocier des postes pour la suite ? Il balaie l'accusation, pour ne pas dire l'insulte : « Notre ambition, ça n'est pas les sièges. Nous les aurons de toute façon. On ne les demande pas, on les prend tout seuls ! Notre ambition, c'est la révolution citoyenne ». Son ambition, son programme. Son avenir ?


La Mélenchon mania débarque à Lille Grand Palais par nordeclair

Nord Éclair