Actualités de la région

Mélenchon espère rassembler 12 000 personnes à Lille ce soir

Publié le 27/03/2012 à 00h00

Il inquiète chez Hollande, exaspère chez Le Pen, rassure chez Sarkozy, agace chez les Verts, fait soupirer chez Bayrou. Bref, Mélenchon trouble dans une campagne pas si jouée que cela. Et ce soir à Lille ?

Mélenchon espère rassembler 12 000 personnes à Lille ce soir
Il inquiète chez Hollande, exaspère chez Le Pen, rassure chez Sarkozy, agace chez les Verts, fait soupirer chez Bayrou. Bref, Mélenchon trouble dans une campagne pas si jouée que cela. Et ce soir à Lille ?

Les attaques, frontales ou insidieuses, sont un indicateur. Pas un jour ou quasi ne passe sans que Jean-Luc Mélenchon ne soit la cible de ses adversaires politiques. Sa personnalité, clivante, n'y est pas pour rien, mais, plus encore, sa montée dans les sondages et son succès à la Bastille le 11 mars dernier attisent les inquiétudes. Dans une région où le parti communiste a quelques beaux restes et où l'on a gardé la tradition des organisations huilées pour amener les militants là où se trouvent les projecteurs, le Front de Gauche dit espérer dans les 12 000 personnes pour son meeting à Lille Grand Palais, ce soir (à 19 heures).

« Rempart »


Fabien Roussel, secrétaire départemental du PC dans le Nord, chiffre à une centaine le nombre de bus qui achemineront les supporters de Mélenchon. Il y en aurait même huit qui viendraient de Belgique. Pas de visite sur le terrain avant le meeting et une pointe de déception chez les militants, mais l'agenda de celui que certains voient déjà en troisième homme de la présidentielle n'aurait laissé aucune fenêtre de tir. Un meeting donc, « où les thèmes régionaux seront bien sûr abordés », promet Fabien Roussel : « Notre académie est celle qui a perdu le plus de postes d'enseignants depuis cinq ans. C'est ici que le chômage est le plus élevé et que les problèmes de santé et de maladies professionnelles, parmi lesquelles celles liées à l'amiante, pèsent le plus. » Nul doute que dans une région que Marine Le Pen a utilisée comme rampe de lancement, l'ancien trotskiste poursuivra son offensive anti-FN et lui réservera quelques salves, histoire de rappeler que vote populaire n'équivaut pas, nécessairement, à vote frontiste. Une équation et une généralisation qui le hérissent. Lucide sur l'implantation du FN dans un électorat déboussolé par la crise, déçu du PS dont il a claqué la porte, il se pose en « rempart contre la haine » et, sans faire dans la dentelle, vole dans les plumes de la candidate du Front national. Un rôle dans lequel il est un peu seul, ce qui ne semble pas le gêner au fond. Au contraire.

Là où lui gêne en revanche, c'est du côté du parti socialiste où, mezzo voce, on cache de moins en moins son inquiétude face à sa montée dans les intentions de vote. En un an et demi, il a plus que multiplié par deux son score et remplit les salles à chaque meeting qu'il organise. Il a une revanche à prendre sur le PS, Mélenchon ne s'en cache pas. Pas plus qu'on ne l'imagine faire de cadeau à un François Hollande dont il dit que sa campagne « suinte l'ennui ». Rien que ça.

Une « institution »

De quoi faire se frotter les mains à l'UMP, où tout ce qui affaiblit l'encore favori des sondages, est bon à prendre. Mais aussi de quoi exaspérer chez les écologistes, où les sondages plutôt catastrophiques pour Éva Joly et le « verdissement » du propos mélenchoniste n'arrangent par leur aversion naturelle pour ce qu'un leader régional appelle « le culte de la personnalité » du leader du Front de Gauche. Quand il assure ne pas « vouloir faire le fier », mais, tout de même, être « une institution » à lui « tout seul », Jean-Luc Mélenchon apporte de l'eau au moulin de ses détracteurs. Sans état d'âme ?

On n'est guère plus à l'aise au centre, où Bayrou rame à faire remonter sa côte et où le rêve d'une troisième place à la présidentielle s'éloigne comme la ligne d'horizon. Mais, au fond, Jean-Luc Mélenchon semble plutôt goûter cette montée des attaques contre lui, signe que l'homme gêne de quelque côté que l'on se tourne. Pour celui qui se positionne comme un candidat anti-système, ce n'est pas la plus inconfortable des situations.

Nord Éclair