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Plan vélo : pédale d'accélération en 2012

Publié le 14/03/2012 à 00h00

Le succès du V'Lille qui ne se dément pas, son extension annoncée à Villeneuve d'Ascq, Roubaix et Tourcoing, de nouveaux aménagements cyclables, des abris sécurisés pour les vélos. La métropole cyclable prend forme.

Plan vélo : pédale d'accélération en 2012
Le succès du V'Lille qui ne se dément pas, son extension annoncée à Villeneuve d'Ascq, Roubaix et Tourcoing, de nouveaux aménagements cyclables, des abris sécurisés pour les vélos. La métropole cyclable prend forme.

L'objectif reste très ambitieux. Faire passer la part du vélo dans les déplacements métropolitains de 2 à 10 % en 2020 ne se décrète pas et si l'arrivée du V'Lille a forcément mis un gros coup de booster à la pratique du vélo en ville, il « n'est pas l'alpha et l'oméga » résume Éric Quiquet, vice-président (Vert) en charge des transports à la communauté urbaine de Lille. Sur le budget 2012, il a fallu se serrer un peu la ceinture en réduisant de 500 000 euros les fonds consacrés aux nouveaux aménagements par rapport à 2011. Reste que, pour le vélo, la communauté urbaine va tout de même débourser 4 millions d'euros cette année. Soit quatre fois plus qu'en 2009, ce qui, dans une période d'économies, marque le signe de ne pas appuyer sur la pédale de frein.


Ces 4 millions d'euros seront consacrés à des travaux de voirie : l'emblématique chantier de l'avenue Kennedy à Lille, actuellement en cours et qui devrait être terminé cet été (1,8 million d'euros), où la circulation en partie actuellement sur quatre voies pour les voitures passera à deux, libérant ainsi de l'espace pour les vélos comme pour les piétons. Moins spectaculaire mais une bonne nouvelle pour les promeneurs, les travaux au niveau du pont de Marquette (200 000 E) qui, dès la fin juillet, permettront de partir de la citadelle de Lille pour rejoindre Wambrechies et Quesnoy, sans quitter les bords du canal, et sans un feu tricolore pour ralentir la vitesse.


Dans les 4 millions d'euros budgétés pour le vélo, un millier d'arceaux de stationnement qui seront installés dans toutes les communes d'ici la fin de l'année. À raison de deux vélos garés par arceau, faites le compte. Car « pour faciliter la pratique du vélo, il faut aussi améliorer le stationnement », rappelle Ventiane Faber, conseillère communautaire en charge du plan vélo. Des arceaux donc mais aussi des abris sécurisés destinés aux abonnés de Transpole qui pourront y stationner gratuitement. Onze abris pour 380 places en 2012, à proximité des gares, stations de métro, arrêts de bus Liane, l'idée étant de faciliter les transports qui mixent train, bus, métro et vélo pour se déplacer, et non pas de servir de parking gratuit aux vélos ventouses. Et parce qu'il faut aussi soigner les détails, 2012 sera l'année de l'abaissement d'une centaine de bordures (entre 5 et 10 000 euros chacune...) et de la poursuite des voies cyclables à double sens dans les sens uniques en zone 30.


Côté V'Lille, Éric Quiquet continue de boire du petit lait. Le succès ne se dément pas même si en février les intempéries ont quelque peu freiné les ardeurs. Le million d'utilisateurs a été dépassé il y a peu et le nombre d'abonnés (pour un jour, sept jours ou une année) est désormais de 12 682.


« Les chiffres sont meilleurs ici que dans les autres villes où Kéolis (ndlr : la maison mère de Transpole) exploite égale le réseau de vélo en libre service », observe Éric Quiquet. Impossible, en revanche, de comparer avec Paris où l'exploitant privé garde jalousement secrets ses chiffres.

Un écosystème


Normalement, le déploiement du V'Lille devrait bien être opérationnel à Villeneuve d'Ascq fin avril où les travaux ont démarré pour une quinzaine de stations. Éric Quiquet reste optimiste sur l'échéance de fin avril pour Roubaix même si les travaux n'y ont toujours pas débuté. Pour Tourcoing, il est sûr, en revanche, qu'il faudra attendre mai ou juin. « Si les discussions avec les communes sont un peu longues, c'est parce qu'on doit expliquer que des stations isolées n'ont aucun sens », remarque Éric Quiquet qui a la comparaison écolo : « C'est un écosystème où les stations se renforcent entre elles ».
Comprenez qu'il faut une distance moyenne de 300 ou 400 mètres entre les stations pour que le maillage soit pertinent. « Il faut repousser l'illusion de vouloir couvrir tout le territoire de sa commune ». Tentant certes mais contre-productif.
w

Nord Éclair