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LOUVRE-LENS

Les commerçants premiers commerciaux de leur ville

Le tissu commercial lensois est très riche, mais les occasions de le montrer trop peu nombreuses. Photo archives L.M. Le tissu commercial lensois est très riche, mais les occasions de le montrer trop peu nombreuses. Photo archives L.M.

Alors que le Louvre ouvrira ses portes à Lens dans moins de 10 mois maintenant, comment les restaurateurs, hôteliers et autres cafetiers lensois se préparent-ils à accueillir les visiteurs ? Sont-ils à la page ? Croient-ils au potentiel touristique de leur ville ? Début de réponses...



GAËLLE CARON > gaelle.caron@nordeclair.fr
Vue de loin, Lens c'est le foot, les frites et la bière. Autant dire que le Louvre a une sacrée responsabilité... C'est en lui que les élus locaux, le député-maire en tête, placent tous leurs espoirs pour changer l'image du territoire. Mais un musée seul, soit-il le plus grand du monde, ne peut suffire à faire vivre la ville, à la renouveler, à la rendre attractive. Il lui faut des alliés, des VRP, des commerciaux déterminés à vendre autre chose que de la poudre aux yeux : du tourisme durable. Et qui mieux que les commerçants, au premier rang desquels hôteliers, cafetiers et restaurateurs (HCR), peut tenir ce rôle ?
« Nous sommes dans la phase de concrétisation. Il est temps de se mettre en situation de recevoir les visiteurs du Louvre, dont le nombre est estimé entre 500 000 et 800 000, voire plus », souligne Édouard Magnaval. Président de la chambre de commerce et d'industrie de l'Artois, il lorgne sur le panier moyen annuel du visiteur du centre Pompidou, à Metz, estimé à 140 E. Une belle manne pour le commerce local. Encore faut-il avoir des raisons de flâner à Lens après la visite du musée « malgré des départs en TER pour Lille tous les quarts d'heure », comme le déplore un commerçant.


Parler anglais, une nécessité « Notre mission n'est pas de promouvoir le tourisme, mais d'accompagner nos ressortissants et les aider à se motiver car le Louvre-Lens n'est pas une utopie. C'est un événement non délocalisable avec des emplois non délocalisables ! », argue la très pêchue Maryse Darcq. Présidente de la commission tourisme au conseil régional, elle enjoint les HCR, mais aussi les buralistes, les pompistes, les boulangers, les pâtissiers et autres à devenir des acteurs de l'implantation du musée, à ne pas regarder le train passer.
Parmi les aides proposées par la CCI de l'Artois aux hôteliers, cafetiers et restaurateurs, une formation d'anglais de 30 heures sur trois mois remboursée à 100 %. « On a un gros problème avec les langues et c'est dommageable quand on s'apprête à accueillir des dizaines de nationalités différentes. Il ne s'agit pas de parler couramment anglais, mais d'apprendre quelques mots qui montrent aux visiteurs qu'on fait l'effort d'aller vers eux », commente Maryse Darcq. À cet égard, la CCI va d'ailleurs assurer aux ressortissants concernés la traduction de leurs menus et fournir des guides de langues étrangères, ainsi que des sets de table et des kits d'animation. Elle propose également des formations à l'accueil et à l'hygiène.
Pour les touristes,
mais pas seulement...
« Comme l'anglais en hôtellerie, la qualité des toilettes dans les restaurants ou les brasseries est non négociable », insiste Jean-Marie Prestaux. Devenu consultant, l'emblématique ancien directeur de l'office du tourisme d'Arras, qui a fait exploser les chiffres de la fréquentation de sa ville (lire encadré ci-contre), livre d'autres conseils de base aux commerçants lensois : « Il faut mettre aux normes vos établissements, pouvoir sortir des plats brasserie en dehors des horaires classiques et respecter les horaires d'ouverture même s'il n'y a plus de clients ! Et puis surtout n'assassinez pas les touristes, car ils sont d'énormes prescripteurs. Ne l'oubliez pas, ce que vous faites pour eux vous le faites d'abord pour les habitants de Lens ! »w


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