Téléchargement : ma vie sans Megaupload
Publié le lundi 13 février 2012 à 06h00 - SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
Mi-janvier, le FBI fermait le site qui permettait de visionner films et séries gratuitement, et illégalement. Depuis les internautes « galèrent ».Mais ne sont pas sans ressource.
En langage informatique, on appelle ça une « Fatal Error System ». Un bug. Un écran bleu sur l'écran noir de nos nuits blanches à dévorer la dernière saison de Dexter ou de How I Met Your Mother. Bref, le 19 janvier, le FBI a fermé Megaupload et Megavideo, entraînant la chute d'un empire du téléchargement et du streaming gratuit.
« Ça m'a bien énervé », souffle Adrien, 21 ans, stagiaire dans une boîte de e-commerce. « Déçue et énervée ! J'étais au 11 e épisode de Desperate Housewives », appuie Nora, Dunkerquoise de 38 ans, abandonnée au milieu de l'ultime saison de la série phare de la chaîne américaine ABC.
« Pas l'impression d'illégalité »
Comme d'autres, Nora était familière des sites qui hébergeaient les liens de Megavidéo, comme AlloshowTV qui a dû baisser le rideau. Elle en est aujourd'hui orpheline. « Je n'ai rien trouvé d'aussi simple, avec des liens faciles d'accès, en V.O. sous titrée. Là, soit le lien proposé n'existe pas, soit ce sont des photos... ». En somme rien d'aussi probant que le service de visionnage direct. « Ça me suffisait, je regardais un ou deux épisodes par semaine. En plus, en streaming, on n'a pas l'impression d'être dans l'illégalité, puisqu'on ne "possède" pas le film ou la série. Moi je ne télécharge jamais ! ». Un usage « télévisuel » du web en quelque sorte, qui permettait de faire face à « l'empressement ». « Quand on est fan, on est pressé de connaître la suite ».
Caroline, Lilloise de 28 ans, est dans la même « galère » depuis la coupure. « Je suis une grande consommatrice de séries anglaises qui passent sur ITV ou la BBC ». Des séries qu'avec un groupe d'amis en ligne, elle traduit pour la communauté. « La plupart du temps, ce sont des séries qui n'arrivent jamais sur les chaînes françaises, parce que pas assez grand public. Si c'est pour voir la 12e saison des Experts... » . Alors oui, Caroline l'avoue, elle télécharge illégalement. Problème d'offre légale. « Mais ça ne m'empêche pas d'acheter la série en DVD par la suite. Idem pour les films ».
Le téléchargement plutôt que le streaming, Caroline y est donc revenue, pour contourner la fermeture de Megaupload. « Heureusement je connaissais les techniques alternatives, celles dont on se servait avant pour trouver les bons liens », c'est-à-dire le « peer-to-peer » (P2P), où le « torrent » (lire ci-dessous). Thibaut, la trentaine, y est revenu aussi, lui qui avait fait ses premières armes dans l'illégalité bon enfant et collaborative des bons vieux Emule ou Napster. « Je m'étais mis à Megaupload, pour télécharger en direct des vieilles séries par dizaines, après un courrier de la Hadopi. C'était une méthode alternative bien pratique. Là c'est fermé. Ce n'est pas grave, on revient aux bons vieux réseaux P2P » . Inconvénient de ces systèmes basés sur l'échange de morceaux de fichiers d'internautes à internautes : c'est beaucoup plus long à charger.
« Sur un lien "torrent", si il y a du monde qui partage, comme c'est le cas pour les grosses séries, ça prend quelques heures. Par contre pour les petites séries confidentielles, ça prend des jours », estime Caroline. Avec Megaupload, c'était quelques minutes.
Génération « illimité »
Le temps et l'espace. Deux variables avec lesquelles ne veut plus composer la web-génération qui ne jure que par l'illimité et l'immédiateté.
« Je ne comprends pas la contrainte technique. On a accès aux journaux américains, pourquoi pas les séries ! », relève Thibaut. Daniel, 24 ans, étudiant à l'EDHEC partage le même constat. « On ne peut plus attendre la diffusion un an plus tard. Quand les chaînes françaises veulent bien diffuser, parce qu'elles ont acheté la série ! Et dans le même temps, on n'a pas accès aux contenus des sites des chaînes américaines parce qu'on n'est pas résident américain. Je comprends les questions de droit d'auteurs, que ça coûte cher de produire une série US. Mais ce modèle de distribution est inadapté à la mondialisation ». Et de plaider, comme Thibaut, pour une offre légale payante avec un catalogue solide et sans décalage dans le temps. « Si dans un abonnement internet, on me propose ce genre de service, je suis prêt à payer plus cher », indique Thibaut.
« L'industrie audiovisuelle va devoir repenser ses canaux de distribution à l'échelle mondiale pour que chacun s'y retrouve, les auteurs et les spectateurs. Faute de quoi, il y aura toujours des Megaupload qui viendront faire des profits énormes sur le dos de tous le monde », conclut Daniel. Ça paraît du bon sens. Mais cet épisode-là reste encore à écrire.



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contribuable : il n'y a pas de multimillionnaire au PS comme dans...
Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...