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« Ici, je retouche mes rêves du bout des doigts »

Zoé *, 21 ans, vit depuis six mois au centre Prélude à Lille, un lieu de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie créé par la Sauvegarde du Nord.



Après des années d'usage de cannabis et héroïne, la jeune fille revient à la vie.
Ses premiers pas dans la drogue remontent au collège. Zoé n'avait que 13 ans et vivait son adolescence dans une famille « aisée, bourgeoise » quand le frère d'un camarade de classe lui a proposé du cannabis et de l'héroïne. Très vite, c'est le début de la dépendance. Au cannabis surtout. « Qu'on ne vienne pas dire que c'est une drogue "douce", elle est très vicieuse et m'a fait louper mon bac deux fois », lance-t-elle, un petit sourire triste sur le visage. « À chaque fois, on se dit que l'on gère, qu'on arrêtera quand on veut, que la drogue, c'est pour les autres. Et puis un jour, votre mère vous appelle "l'épave". Mais on ne se rend toujours compte rien, jusqu'au jour où l'on pousse sa mère, qui voulait m'empêcher de sortir, dans les escaliers »...
Pour acheter sa drogue, Zoé a aussi appris à mentir. « Quand je suis partie à la fac, je disais que j'avais besoin d'argent pour manger, mais je ne mangeais pas », poursuit la jeune fille. Mais la prise de conscience tarde encore à venir jusqu'à ce jour où sa mère, persévérante, vient chercher Zoé en lui disant : « On va te sauver ». Le début d'une autre « galère », la jeune fille ne sort pas de la maison familiale pendant quatre mois, « je me l'interdisais ». Mais difficile de s'en sortir seule. Zoé entre alors en cure. C'était en juillet dernier et huit jours plus tard, elle devenait l'une des dix internes du centre Prélude, spécialisé dans l'accueil d'ados et jeunes majeurs usagers de drogue. « À la base, je suis plus entrée ici pour mes parents mais depuis, j'ai compris qu'il fallait que je vienne ici pour me sauver pour moi-même, pas pour quelqu'un d'autre », ajoute Zoé en avouant ses « doutes ». « Mais on acquiert des choses : un rythme de vie, avec le lever, les repas, le coucher, les tâches ménagères puis les ateliers. Un rythme posé ». Un travail psychologique l'aide à « mettre des mots » sur ses problèmes, les ateliers lui font découvrir un autre avenir via le sport, l'art, la musique. « C'est super, le début d'une autre vie. Ici, j'arrive à retoucher du bout des doigts les rêves que j'avais avant » . Mais Zoé se sent encore fragile, sait que le parcours vers la liberté sera encore long et espère rester encore trois mois au centre puis s'installer dans un appartement thérapeutique. Histoire d'éviter la rechute en sortant du « cocon » du centre Prélude.


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C.J.

* Zoé est un prénom d'emprunt.


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cannabis
"Qu'on ne vienne pas dire que c'est une drogue douce"...
C'est pourtant une drogue douce qui n'est pas recommandé d'utiliser avant que le cerveau n'ai complètement été formé (18-20 ans). Par contre de commencer à 13 ans et blamer le produit c'est trop facile!
Pousser sa mère dans l'escalier n'est pas du à la drogue mais aux pulsions d'adolescente qui se croit incomprise et que les parents malheureusement ne sont plus en mesure de comprendre avec le temps qu'ils passent au travail ou à leurs affaires en laissant leur gosses devant la TV.
Comment peut-on laisser son propre enfant utiliser du cannabis et de l'heroïne à 13 ans?
2 raisons: Le manque d'information et de dialogue. Sans informations les parents ne peuvent reconnaitre les signes de l'usage. Sans dialogue, ils ne peuvent empecher l'enfant d'aller plus loin dans l'addiction.
Si cette jeune femme se plaint des effets du cannabis cela ne justifie en aucun cas d'interdire la substance aux adultes responsables en actifs.
Car le problème de la prohibition est là, le danger du cannabis c'est son illégalité, la propagande nécessaire pour couvrir cette interdiction et bien à l'opposé du slogan de Mai 68, il vaut mieux autoriser et contrôler plutôt que de mentir (exagérer parfois comme avec ce cas mineur) et verbaliser.
C'est un cas triste en effet, mais il ne faut pas se laisser aveugler, le cannabis offre bien plus d'avantages que d'inconvénients, il suffit de faire la part des choses et laisser ce choix au moins aux adultes responsables.

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QUID
L' Allemagne étant à la mode, sachez que l' usage du cannabis est pénalisé dans tout le pays mais une faible quantité (environ 10 g.) de cannabis exclusivement destinée à la consommation personnelle et occasionnelle ne mérite pas de sanction pénales. Est-ce le cas en France ???
Bien que cette quantité varie entre cinq et trente grammes de cannabis selon les Länder - la Bavière, par exemple, est beaucoup plus stricte que la Basse-Saxonie - la pratique des tribunaux et des parquets montre que plus de 90 % des procédures engagées pour la détention d’une quantité de cannabis ne dépassant pas dix grammes sont abandonnées.

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