Eva Joly, le discours de la méthode Coué
Publié le dimanche 12 février 2012 à 06h00
Eva Joly a exposé son programme et ses valeurs devant une foule attentive mais guère fervente. Photo H.V.M.
Sa parole était attendue. Et quelque 1 400 personnes sont venues l'entendre. Ce n'est pas seulement son projet qu'Eva Joly présentait hier à Roubaix. C'était aussi un test de forme, pour enfin tenter de briser la glace. Pas simple.
SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
Au simple comptable, le premier meeting d'Eva Joly restera une réussite. « Quand je vois cette salle, je me dis que certains doivent ajuster leurs radars », lance-t-elle au pupitre, sans notes, pour un discours au cours duquel elle aura fait largement feu sur Nicolas Sarkozy, « mal placé pour nous parler des valeurs », et décliné ses principales propositions (lire ci-dessous). Hier à Roubaix, il était important pour EELV de faire la démonstration du nombre, pour tordre le coup aux doutes. En coulisse, on rappelle d'ailleurs, un brin grinçant qu'en 2007, la candidate Dominique Voynet n'avait pu compter que sur 500 personnes dans la même salle. « Au final, elle avait fait 1,5 %.
Si on multiplie par trois comme avec le public de cette après-midi, on est presque aux 5 % », glisse un élu écolo de la région, optimiste.
« Les miracles, ça existe »
« De toute façon, il faut s'automotiver envers et contre tout », souligne Marine Tondelier, la jeune candidate écolo aux législatives à Hénin-Beaumont. Elle avait voté Hulot l'an dernier. Alors, « oui, on ne va pas dire que la campagne est du feu de Dieu. Mais en Finlande il y a quelques semaines, personne n'avait prédit qu'un écolo serait au 2e tour. Les miracles, ça existe en politique et on se raccrochera à ça jusqu'au 22 avril ».
Aller jusqu'au bout. Tel était en tout cas le mot d'ordre hier. « Le 22 avril, votez avec votre coeur, votez juste », requiert Eva Joly. Un peu plus tôt, Cécile Duflot, en verve, avait, elle, remis les pendules à l'heure : « Nous sommes dans un moment particulier où l'on doit à la fois faire campagne mais aussi indiquer aux pisse-froid et aux "casse-couilles" que nous n'allons pas arrêter ».
Les écolos de la région prennent, eux aussi, la défense de leur candidate. « C'est le syndrome de la présidentielle, de la personnalisation, qui ne nous convient pas. On s'y est toujours pris des gamelles », rappelle Marie-Chrsitine Blandin. Avant de faire remarquer que « faire la démonstration, sans petites phrases, que la mouise dans laquelle se trouvent les gens ne se résoudra pas par les mêmes solutions productivistes portées par le PS et la droite, mais par une conversion écologique, c'est pas très sexy. Ce n'est pas pour autant qu'il ne faut pas le faire ! ».
Pour Marine Tondelier, « c'est surtout l'attitude dégueulasse des autres partis qui rejettent tout ce qui ne leur ressemble pas » qui sape la candidature Joly. « Le problème, estime Sandrine Rousseau, vice-présidente du conseil régional, c'est que l'écologie ne se résume pas aux slogans faciles des autres, "les immigrés dehors" , "produire français"... Le problème c'est que jusque-là on ne l'a entendue que sur des petits bouts de phrases ». Même analyse du côté du Lillois Éric Quiquet. « La campagne commence aujourd'hui à Roubaix. Pour Hollande, il y a eu un avant et un après Le Bourget. En plus, notre électorat se rend bien compte maintenant qu'il n'y a plus de risque que le PS ne soit pas au 2d tour et va vouloir donner du contenu à l'alternance ».
Au moment où Eva Joly prend la parole, on perçoit pourtant que rien ne sera simple. Autant les Voynet, Mamère et Duflot ont joué de leur talent d'orateurs pour encourager et faire applaudir leur candidate. Autant de contraste quand Eva Joly a pris la parole. Le ton est plus conférencier que tribunicien, malgré une introduction en ch'ti soufflée par Jean-François Caron, histoire de moquer les moqueurs d'accents. Mais dans la salle, la ferveur n'est pas vraiment là.
Pendant une conférence, on écoute plus qu'on exulte. Et jamais l'ex-magistrate ne s'est vraiment livrée, jamais elle n'a pu sortir de la retenue devenue sa marque, appréciée ou décriée. Si bien qu'en fin de discours, personne ne s'est attardé sous les coursives de la Salle Watremez, aussi vite vide qu'elle avait été vite pleine.
« On n'est pas dans la com' »
Olivier, de Marcq-en-Baroeul, « ni militant ni sympathisant », avoue avoir « tendance à s'endormir. Rien à faire, elle n'emporte pas les foules. Je pense qu'il y a eu une erreur de casting. Quand on n'est pas un convaincu de l'écologie, c'est difficile... ».
De son côté, Claire-Marie, d'Hellemmes, trouve « triste de considérer qu'en France, si on n'a pas une image travaillée par les communicants, ça ne passe pas. Au moins, elle dit ce qu'elle pense, avec naturel. Elle dénote, c'est clair, mais elle est "cash", honnête ». Chantal-Odile, militante de l'Avesnois va plus loin : « Ce n'est pas Le Bourget, on n'est pas dans la com'. Mais ce qu'elle propose est intelligent. À tout prendre, je préfère un discours de fond peu médiatique qu'un discours médiatique creux ».
Restent désormais deux mois à Eva Joly pour tenter de conquérir la moindre parcelle sur le terrain des idées, afin les faire exister. Faute de quoi, EELV ne pèsera pas grand-chose dans le rapport de forces qui sortira des urnes si celles-ci devaient sourire à la gauche. Certains de l'autre côté de l'échiquier politique n'attendent que ça pour liquider l'accord qui lie les écolos aux socialistes. w


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contribuable : il n'y a pas de multimillionnaire au PS comme dans...
Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...