Quand les magistrats financiers battent le pavé
Publié le vendredi 10 février 2012 à 06h00 - GAËLLE CARON > gaelle.caron@nordeclair.fr
Les vingt-cinq magistrats de la CRC d'Arras vont bientôt devoir faire de la place à leurs neuf confrères amiénois.
Pourtant habitués à la discrétion, le nez dans les comptes publics, les magistrats financiers sont descendus dans la rue, hier, à Arras et Paris. À l'appel de leur unique syndicat, le SJF, ils dénoncent la loi du 13 décembre 2011 qui menace leur mission de contrôle des collectivités.
Muncipalité d'Hénin-Beaumont, Adévia, Épinorpa, Soginorpa, CFR, centre hospitalier d'Arras... Autant de gestionnaires des deniers publics dont les comptes ont été épluchés par les 25 magistrats financiers de la chambre régionale des comptes (CRC) d'Arras avec les répercussions qu'on connaît.
Mais c'est ce contrôle sourcilleux des budgets des collectivités locales ou des sociétés d'économie mixte qui est mis en péril avec l'entrée en vigueur, le 2 avril prochain, de la loi du 13 décembre 2011 portant réforme des juridictions financières.
« Jusqu'à Chantilly ou Méru »
« Sept des vingt-deux chambres métropolitaines vont être supprimées. Cela met les personnels dans l'embarras, mais surtout va remettre en cause nos modalités de fonctionnement », souligne Stéphane Magnino, délégué du SJF, le Syndicat des juridictions financières, à l'origine de la manifestation arrageoise, hier matin, place des Héros. Les magistrats ont tous répondu à l'appel. Vêtus symboliquement de leur robe noire, ils ont bravé le froid cinglant pour sensibiliser l'opinion dans la région, avant de rallier, en train, le mouvement de protestation national, organisé devant la Cour des comptes à Paris.
« On dénonce l'affaiblissement du contrôle des finances publiques locales de par l'éloignement du terrain », explique le syndicaliste. La réforme prévoit en effet un regroupement géographique des chambres supprimées avec celles qui ne le sont pas. À titre d'exemple, les magistrats financiers d'Amiens vont être « transférés » vers Arras. Autrement dit, la CRC de Picardie fusionne avec sa voisine nordiste.
« On ira donc jusqu'à Chantilly ou Méru depuis Arras pour faire notre travail... » déplore Stéphane Magnino. « Des dossiers lourds comme celui d'Hénin-Beaumont demandent du temps et une présence locale. Or, avec cette loi, nous allons être déconnectés des pratiques de certaines collectivités et de leurs élus », regrettent les magistrats arrageois, qui voient ainsi menacée leur « culture de la pièce » (collecte de documents, ndlr).
« Le but est de changer la nature de notre mission de contrôle en mission de conseil et d'information auprès de la Cour des comptes pour nous détourner de ce qui fait mal aux élus », estime Stéphane Magnino qui ne s'en étonne pas davantage étant donné que le législateur est aussi un élu local contrôlable...
Voilà sur le fond. Sur la forme, les robes noires des CRC pointent du doigt le caractère précipité de la réforme. « Tout le monde va-t-il retrouver un emploi ? Comment va-t-on empêcher les doublons de personnel ? Comment va-t-on accompagner les mutations ? Nous n'avons aucune réponse à ces questions alors que le 2 avril c'est dans moins de deux mois. Ce n'est pas parce qu'il y a une élection présidentielle qu'il faut bâcler la réforme ! » s'agace le SJF, bien décidé à faire entendre sa voix.


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contribuable : il n'y a pas de multimillionnaire au PS comme dans...
Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...