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Damart surfe sur le froid polaire...

Publié le 10/02/2012 à 00h00

Avec la récente vague de froid, les commandes en ligne du groupe Damart ont bondi de 255 % en quinze jours. Une performance qui réjouit le groupe mais qui bouscule les cadences de travail, côté logistique.

Damart surfe sur le froid polaire...
Avec la récente vague de froid, les commandes en ligne du groupe Damart ont bondi de 255 % en quinze jours. Une performance qui réjouit le groupe mais qui bouscule les cadences de travail, côté logistique.

« Froid, moi ? Jamais ! ». Le slogan publicitaire ventant les mérites du fameux Thermolactyl résonne encore dans toutes les têtes. Créé en 1953, ce tissu régulant la chaleur corporelle s'impose « parmi les vêtements les plus vendus dans le monde avec 300 millions d'exemplaires à ce jour », s'enorgueillit la marque Damart dans un récent communiqué. Mais ce sont bel et bien les températures extrêmes de ces derniers jours qui lui ont insufflé une seconde vie, touchant de nouveaux publics : « Il est désormais possible de s'habiller de la tête aux pieds en Thermolactyl et le client est livré en 48 heures », se réjouit la chargée de communication de la marque roubaisienne.

Un « coup de cravache »
pour honorer les commandes


Du simple sous-vêtement aux chaussures en passant par le jean, le tissu intelligent séduit en période de grand froid. Il représenterait 70 % des commandes, selon une salariée.
Une réussite à nuancer : « Les commandes Internet ont certes bondi de 255 % mais elles ne représentent que 7 % à 10 % des commandes totales » , relativise Mai Tran. La déléguée Sud rappelle que les principaux canaux de distribution pour la vente à distance (VAD) restent les catalogues papier et le téléphone. « Avec la vague de froid, on enchaîne les appels du matin au soir ». En attendant les renforts d'effectifs, les salariés se sont organisés pour livrer à temps les clients : « On fait des heures supplémentaires, des collègues sur d'autres postes viennent nous prêter main forte et on fait revenir des gens qui étaient en récupération », poursuit Mai Tran. Une motivation qui s'explique par le sentiment d'appartenance fort des salariés à leur marque. Sylviane Desenfant, 36 ans de boîte : « Les gens sont volontaires mais il ne faut pas les épuiser non plus. Le coup de cravache, on peut le donner jusqu'à un certain point ». « On est content de pouvoir servir nos clients mais il faut que les moyens humains suivent. Pour l'instant on colmate », confirme Mai Tran, chez Damart depuis 1999. Même si rien n'est imposé, la situation génère du stress : « On limite les pauses pour les salariés en charge des appels à une seule personne par équipe avec créneau horaire » , relève une salariée.

« En temps normal, 250 personnes travaillent sur la partie colis de 7 h à 16 h. Depuis peu, une cinquantaine de CDD et d'intérimaires ont été recrutés pour faire face à la demande, en deux équipes travaillant de 5 h à 19 h », explique Hubert Dubuis, responsable logistique sur le site de Hem, qui fabrique tous les colis VAD et alimente l'ensemble des 91 magasins Damart en France. Côté en bourse et fort d'un chiffre d'affaires de 697,9 millions d'euros sur l'exercice 2010-2011 (progression de 33,6 %), le groupe Damartex, qui rassemble Afibel, Damart, Jours Heureux, Delaby, Maison du Jersey, Damart Sport et Sedagyl se porte bien.

Les salariées rencontrées, elles, touchent le SMIC. La prime à la polyvalence et à la productivité n'excède pas 1 % de la rémunération brute du salarié, soit 180 E dans le meilleur des cas.
Le froid est en tout cas une aubaine pour le groupe.

Nord Éclair