Plus, moins ou... une autre Europe ?
Publié le mercredi 08 février 2012 à 06h00 - ERWAN GUÉHO > erwan.gueho@nordeclair.fr
Nicolas Dupont-Aignan (au premier plan) et Guillaume Klossa (au centre) étaient les invités, hier soir, du débat de l'Agora, à l'Edhec.
Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan d'un côté, le fédéraliste Guillaume Klossa de l'autre. Ces deux-là n'étaient pas faits pour s'entendre. Et ils ne se sont pas entendus, hier soir à l'Edhec, au cours d'un débat sur les 20 ans du traité de Maastricht.
Le déplacement du candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan avait commencé hier par la visite d'un supermarché à Lille et la dénonciation de l'euro qui, chariot de courses à l'appui, a, selon lui, permis « une hausse des prix scandaleuse ». Après la mise en scène, le développement de ses théories, hier soir à Roubaix, à l'Edhec Business School. Cette fois, Nicolas Dupont-Aignan est confronté à Guillaume Klossa, fondateur des états généraux de l'Europe et ancien conseiller en 2007 et 2008 de Jean-Pierre Jouyet lorsqu'il était secrétaire d'État aux Affaires européennes.
Sur le constat, les deux hommes tombent assez facilement d'accord. Premièrement, l'Europe ne se décrète pas, le projet européen ne peut exister que s'il emporte l'adhésion de ses peuples. Deuxièmement : l'Europe telle qu'elle existe aujourd'hui fonctionne mal, surtout par ces temps de crise économique et financière.
« L'ouverture des frontières
ne peut finir qu'en déroute »
Pour ce qui est de la suite, entre le souverainiste Dupont-Aignan et le fédéraliste Klossa, les solutions divergent. Forcément.
« L'ouverture des frontières ne peut finir qu'en déroute », assène d'emblée Nicolas Dupont-Aignan. Qui au passage ne se prive pas d'égratigner, et Nicolas Sarkozy, et François Hollande. « Avec eux, pour les cinq ans à venir, vous aurez forcément un mandat de rigueur et un détricotage de notre modèle social », assure le président de Debout la République. Avant de poursuivre : « L'endettement a réussi à masquer les choses jusque-là. » Mais maintenant qu'on est en pleine crise, « la question est de savoir comment on régule la mondialisation ».
Et pour lui, l'Europe ne peut évidemment pas être la solution. Et surtout pas telle qu'elle se fait actuellement. « Plutôt que d'une armée de bureaucrates qui invente des normes à Bruxelles, nous avons besoin d'une Europe des coopérations entre États souverains. » Et pour échapper « au piège politique qu'on nous tend depuis vingt ans », il n'y a qu'une solution à ses yeux : sortir au plus vite de l'euro « qui asphyxie nos entreprises » et renégocier tous les traités européens. C'est le chemin à suivre, selon lui, pour que la France retrouve sa « dignité » face à l'Allemagne.
Avec Guillaume Klossa, on change de musique. « Je me rappelle les discours d'il y a vingt ans. On disait qu'on faisait l'euro pour faire l'Europe politique et l'union économique et monétaire. Le problème, ce n'est pas l'euro. Le problème, c'est qu'on n'a pas fait l'Europe politique ».
L'auteur de Europe, la dernière chance poursuit : « Aujourd'hui, nous avons une Europe des États, cela ne peut pas marcher. Il faut une véritable stratégie de coordination des politiques économiques, il faut un fonds de prévention financier pour répondre à la crise et il faut des projets européens d'investissements bien identifiés. » Bref, plus de fédéralisme.
« Laissez-nous un peu de temps ! »
« Pour faire de la régulation financière et répondre aux défis environnementaux, ce n'est pas au niveau des États que se trouvent les réponses » , plaide encore Guillaume Klossa. Avant de lancer à Nicolas Dupont-Aignan : « Laissez-nous un peu de temps pour faire l'Europe correctement ! » L'Europe, stop ou encore ? Hier soir, deux points de vue irréconciables ont tenté de répondre à la question...


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contribuable : il n'y a pas de multimillionnaire au PS comme dans...
Max : y-a-t-il un rapport avec...TIR(Slimane)...?
Odeladeule : Il va bien falloir qu'un jour un journaliste pose la question...
QUID : Après tout si MELANCHON bat le FN ... la défaite...